Revue de presse

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« Ça me fait quelque chose » : cette ancienne cité de cheminots s’apprête à changer de visage à Rennes

Le Télégramme · 30/08/2026 · ← revue

Que deviendra la cité des cheminots à Rennes ? Niché dans le quartier Sainte-Thérèse à Rennes, cet espace atypique connaîtra une réhabilitation avec notamment un doublement des logements. Un projet, porté par ICF Habitat, filiale logement de la SNCF, et qui partage les habitants. Des maisons individuelles dominées par de grandes tours, de vieilles briques usées par le temps et un lotissement verdoyant où tout se ressemble : bienvenue à la cité des cheminots, dans le quartier Sainte-Thérèse à Rennes. D’ici la fin de l’année et jusqu’en 2030, ce paysage historique de la capitale bretonne s’apprête à changer. Un vaste chantier de réhabilitation des foyers est lancé, bousculant l’environnement social et les habitudes de ses habitants. Derrière le petit portail vert de son pavillon, Monique incarne l’âme des lieux. À bientôt 90 ans, elle vit en location dans le même logement depuis près de soixante ans. « Avant, ici, il n’y avait que des cheminots. Mon mari l’était aussi, retrace la nonagénaire. On est arrivés là quand mon fils avait quatre ans. » Please close pop-out player to resume playback. video playing À Berrien (29), la mairie gagne son combat face au projet éolien !

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Des décennies plus tard et sept enfants de plus, Monique est restée fidèle à cette cité ferroviaire. Elle se souvient d’une époque vibrante, où les jeunes se réunissaient sur la place Bir-Hakeim, juste derrière chez elle : « Ça bougeait, il y avait du bruit, des petits cirques, pas mal de fêtes. » Son voisin Gérard, ancien cheminot installé depuis 32 ans, se remémore quant à lui « les trajets en métro jusqu’à la gare et cette vraie mentalité de quartier ».

Un projet de 97 logements

Porté par ICF Habitat Atlantique, filiale de la SNCF, le projet vise à repenser entièrement le parc immobilier. Le site passera de 50 à 97 logements, allant du T2 au T5, grâce à la construction de quatre nouvelles demeures et à la restructuration de l’existant. Au total, 15,3 millions d’euros seront injectés pour redynamiser cet ensemble de maisons ouvrières érigées en 1946 et 1947. Au-delà de la modernisation, c’est l’état de conservation des bâtisses, construites en 1946 et 1947, qui a motivé le projet. La consultation publique pointe des problèmes récurrents d’isolation, d’humidité et de moisissures dans les habitations occupées comme vacantes. Le plan de réhabilitation prévoit notamment : la réorganisation des volumes, l’isolation thermique, la réfection des toitures, la mise aux normes des réseaux électriques ou encore ventilation et l’assainissement. Chaque logement disposera d’un « module de vie » en rez-de-chaussée « pour anticiper le vieillissement des occupants ou l’accueil de personnes à mobilité réduite », précise ICF Habitat.

Une pilule difficile à avaler

Si le bailleur social assure avoir conçu « un phasage » pour maintenir les résidents sur place et préserver le tissu social, pour Monique et Gérard, qui ne seront concernés que par la seconde tranche des travaux, ce coup de jeune s’accompagne d’une forte anxiété. « Ça la déboussole un peu, c’est normal à cet âge-là. C’est difficile de se dire qu’on va déménager », confie Jean-Marc, le fils de Monique, venu lui rendre visite.

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Malgré la perspective d’un relogement dans des infrastructures flambant neuves, la pilule a du mal à passer. « Ça me fait quelque chose, souffle la doyenne du quartier. Je vais quitter mon jardin, ma maison. » Elle craint également de perdre l’espace nécessaire pour accueillir sa grande famille lors des repas. Gérard, qui avait lui-même entrepris des travaux par le passé pour maintenir sa maison en bon état, se montre tout aussi réservé : « Je n’ai pas de problème avec ma maison. Je peux vivre ici jusqu’à ma mort. »