Revue de presse

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« Ça klaxonne, ça injure » : un an après, la priorité à droite fait débat dans cette commune d’Ille-et-Vilaine

actu.fr · 31/10/2026 · ← revue

C’est une mesure qui avait fait grand bruit. Le 20 octobre 2025, la mairie de Romagné, près de Fougères (Ille-et-Vilaine), instaurait la priorité à droite dans l’intégralité de l’agglomération. Un moyen de lutter contre la vitesse excessive, en complément d’un passage à 30 km/h et de zones de circulation alternée. Un an plus tard, le sujet a refait surface sur la page Facebook Romagné et moi, qui agrège 1 400 personnes. À l’occasion d’une publication sur le régime qui s’applique à la sortie du parking de la mairie, de nombreux utilisateurs se sont exprimés sur la priorité à droite. Et la mesure semble loin de faire l’unanimité.

« On a augmenté la dangerosité »

Le principal reproche repose sur la dangerosité qui semble avoir émergé de cette mesure. « Avec ce nombre incalculable de priorités à droite et les passages prioritaires avec fléchage, passer dans Romagné, c’est l’épreuve du combattant », déplore Manon, qui assure que « rien n’est clair » et raconte avoir échappé de peu à un accident en raison d’un refus de priorité. « Ça devient dangereux quand il faut commencer à deviner qui est prioritaire », renchérit Vincent, estimant qu’un « régime clair est beaucoup moins dangereux », et qu’en « voulant diminuer l’un des facteurs d’accident (la vitesse), on a augmenté la dangerosité du bourg ». Il complète : « Moi qui me déplace beaucoup à vélo, c’est beaucoup plus risqué de traverser le bourg depuis ces aménagements, alors que c’est l’inverse qui est recherché. »

« Comme si de rien n’était »

Autre problème soulevé : lorsque plusieurs véhicules arrivent en même temps à un carrefour, personne ne sait qui doit passer en premier. « On est toujours dans le quiproquo quand celui qui arrive de notre gauche veut nous laisser la priorité, mais qu’on ne peut pas s’engager car un véhicule arrive de notre droite », illustre Olivier. De même, le manque de visibilité en amont de certains carrefours contraint les usagers à « piler à la dernière minute », pointe Medhi, qui glisse d’ailleurs que « personne ne respecte les priorités à droite en sortie de parking tellement cela n’est pas compréhensible ». Alors la situation fait grincer des dents. « Paradoxalement, c’est pire qu’avant », ironise Vincent. D’autant que malgré tous ces changements, la vitesse ne semble pas avoir baissé. Gérard, qui traverse régulièrement la commune à pied, estime ainsi « qu’à peine 20 % des usagers de la route respectent la limitation à 30 km/h ». « Pas mal de personnes roulent comme si rien n’était », ajoute Guillaume. « Ça klaxonne, ça injure… », renchérit Véro. Radar, retour en arrière ? Et forcément, émerge la question de la solution. Pour Guillaume, « un radar, c’est le seul moyen de ralentir tout le monde », comme pour Véro, qui évoque celui qui a récemment été installé à Beaucé. Norbert évoque pour sa part l’exemple de Saint-Georges-de-Reintembault. « Madame la maire a remis tous les stops à leur place, à la demande des habitants et il y a beaucoup moins d’accrochages », propose-t-il.

La mairie et le Département sont sur le coup

Mais qu’en pense Aline Le Bouedec, élue maire en mars dernier et qui n’était pas aux manettes lorsque cette décision a été prise ? « C’est un aménagement qui a été fait en 2025, dans le cadre d’un travail de sécurisation du bourg par la municipalité précédente, avec une enquête menée par la société Tecam qui a conduit à ces aménagements », rappelle-t-elle. « C’est un travail a aussi été mené avec le Département, puisqu’il s’agit d’une route départementale. » En réponse aux questionnements, l’élue confirme que les sorties de parking obéissent désormais bien au régime de la priorité à droite. Quant aux critiques sur la dangerosité, elle note qu’il « n’y a pas eu d’accident à ce jour » et assure que « nous entendons l’ensemble des points soulevés », précisant que cette question avait été évoquée lors de la campagne. « On est en train de travailler sur le sujet avec les différentes parties, notamment le Département », annonce-t-elle. Cela mènera-t-il à un retour au fonctionnement précédent ? « Je ne sais pas encore ce qu’on va décider. En revanche, on repose les choses et on voit ce qui fonctionne, ce qui questionne et les solutions qu’on peut ou non y apporter. Et on y travaille en tout cas sérieusement », conclut-elle. Affaire à suivre. Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.