Revue de presse

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« C’est en réflexion » : vers la mise en place d’un couvre-feu à Rennes ?

Le Télégramme · 19/10/2026 · ← revue

Si les débris de verre ont été nettoyés ce lundi matin, le centre-ville de Rennes portait encore de lourds stigmates des débordements survenus samedi 17 octobre. En marge de la mobilisation contre la vie chère, entre 50 et 80 commerces ont été vandalisés ou pillés. Ce lundi matin, des entreprises de miroiterie s’affairaient à réparer les dégâts, mais toutes les boutiques n’étaient pas encore entièrement sécurisées.

Des réflexions sur l’instauration d’un couvre-feu

Pour éviter de nouveaux pillages localisés, comme ce fut le cas encore hier après-midi, la préfecture d’Ille-et-Vilaine réfléchit à la mise en place d’un couvre-feu, selon nos informations. « C’est en réflexion, la décision sera prise dans les prochaines heures », confie une source au Télégramme. Quel périmètre serait concerné ? Seulement le centre historique ou une zone plus étendue ? Les détails ne sont pas encore connus.

Ces discussions font directement suite aux annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a demandé ce midi aux préfets d’instaurer des couvre-feux « partiels » et « localisés » afin de protéger notamment les commerces, après un week-end marqué par des scènes de violence dans plusieurs villes. Dans la capitale bretonne, la mise en place d’une telle mesure serait une première depuis janvier 2021, lors de la troisième vague de l’épidémie de Covid-19.

C’est quoi un couvre-feu ?

Concrètement, le couvre-feu interdit tout déplacement sur la voie publique durant une plage horaire définie, le plus souvent nocturne. Des dérogations permettent toutefois d’effectuer certains déplacements pour des urgences médicales ou des situations familiales particulières.

« L’avantage, c’est que si les rues sont vides, on pourra plus facilement interpeller les casseurs », confie un policier. « Cela rassurerait sûrement la population. Après, ce n’est pas facile à faire respecter, car nos effectifs ne sont pas illimités. »

Des commerçants réticents

Du côté des commerçants, l’éventualité de la mise en place d’une telle mesure est loin de faire l’unanimité. « Comment vont faire les restaurants et les bars ? », s’interroge Laurence Taillandier, patronne de l’association des commerçants du centre-ville. « Ce serait une catastrophe, cela aurait un effet négatif sur le centre-ville », réagit un patron de bar. « Comment fera-t-on pour payer les loyers et les salariés si on ne peut pas rester ouvert ? »

Dans le Nord, la commune de Denain a été l’une des premières en France à instaurer un couvre-feu dès dimanche, suite à « plusieurs épisodes de violences urbaines ». L’arrêté est en vigueur jusqu’au dimanche 25 octobre.