Revue de presse

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Blocage des lycées, manifestation, dispositif de sécurité renforcé… À quoi s’attendre la semaine prochaine à Rennes ?

Ouest-France · 04/10/2026 · ← revue

En seulement quelques jours, le mouvement de blocage des lycées a fait tache d’huile et s’est imposé au cœur de l’actualité politique de la rentrée scolaire. À l’approche de cette nouvelle semaine, alors que des appels à mobilisation continuent d’émerger sur les réseaux sociaux, chacun attend la suite, et notamment le gouvernement qui redoute que ce soulèvement de la jeunesse ne s’installe sur le temps long.

Ce dimanche 4 octobre 2026, le ministre de l’Éducation a annoncé que les cours seront totalement ou partiellement suspendus lundi dans 400 à 500 lycées où les conditions de sécurité ne sont pas réunies, rapporte l’Agence France-Presse (AFP).

28 lycées fermés en Ille-et-Vilaine

En Ille-et-Vilaine, 28 établissements scolaires vont rester fermés lundi 5 octobre 2026 sur décision de la préfecture, dont tous les lycées rennais. Les services de l’État justifient cette mesure inédite en rappelant que des mouvements de blocage d’établissements scolaires sont annoncés. Et que que ces mouvements sont susceptibles de mobiliser des éléments radicaux qui pourraient profiter de cette occasion pour générer des troubles à l’ordre public.

À Rennes, il s’agit des lycées Coëtlogon, Bréquigny, Charles-Tillon, l’Erea Magda Hollander-Lafon, Jean-Jaurès, Pierre-Mendès-France, Émile-Zola, Jean-Macé, Joliot-Curie, Victor-et-Hélène-Basch, Chateaubriand, Louis-Guilloux, René-Descartes, De-la-Salle, Saint-Martin, Jeanne-d’Arc, et Saint-Vincent. S’il devait initialement rester ouvert, le lycée l’Assomption va finalement également fermer ses portes, après avoir reçu des informations sur de possibles tentatives de blocages.

La mesure concerne aussi deux lycées à Cesson-Sévigné (Ozanam et Sévigné), deux lycées à Saint-Malo (Jacques-Cartier et Maupertuis), ainsi que le lycée Bel-Air à Tinténiac, le lycée Beaumont à Redon et le lycée Alphone-Pellé à Dol-de-Bretagne. À cette liste, se sont également ajoutés, ce dimanche soir, le lycée Théodore-Monod au Rheu, et les deux lycées de Bruz (Anita Conti et Saint-Joseph).

Par arrêté préfectoral, tout rassemblement est interdit aux abords de ces établissements dans un rayon de 50 mètres ».

« Une colère lycéenne profonde »

Ce mouvement révèle une colère lycéenne profonde et ancrée. Il ne cessera pas tant que le ministre ne répondra pas avec des mesures politiques, que ce soit sur la question des moyens matériels et humains, la rénovation du bâti scolaire, ou encore sur la santé mentale des jeunes, annonce d’emblée Louis Letoublon vice-président du mouvement Les Lycéens, et ancien lycéen rennais. Vendredi 2 octobre, le jeune homme a rencontré le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, avec d’autres représentants de syndicats lycéens.

On a été convoqué en urgence, la veille pour le lendemain. On sent que les pouvoirs publics ont peur. Le ministre nous a dit qu’il voulait établir un dialogue avec les lycéens et a établi une distinction entre les violences qui sont commises par beaucoup de personnes extérieures, et le mouvement qui a des revendications légitimes. Il veut nous revoir à partir de la fin de la semaine prochaine, détaille Louis Letoublon.

Une manifestation mardi 6 octobre

Tous les regards sont dorénavant tournés vers la date du 6 octobre, journée de manifestation nationale. À Rennes, un rassemblement appelé par l’intersyndicale éducation doit se tenir dès 11 h, place de la République. Des syndicats professionnels locaux comme la CGT ou Force Ouvrière invitent à rejoindre le mouvement pour faire de cette journée un point d’étape majeur de convergence des colères et des revendications.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux appels à bloquer des lycées émergent d’ores et déjà pour la matinée de ce mardi. La veille, lundi 5 octobre, des assemblées générales devraient se tenir pour préparer cette journée de mobilisation. Ce sera notamment le cas au sein de l’université Rennes-2, dès 12 h 45.

Vers des manifestations plus importantes ?

La grande question c’est de savoir si on se dirige sur de grosses manifestations assez lourdes ou des éclatements qui partent en violences urbaines, voire même est-ce qu’on va avoir les deux, s’interroge une source policière. C’est un peu la limite d’une ville de province, si on fait du maintien de l’ordre sur une manifestation on est correctement fourni, mais si ça part sur des violences urbaines en différents points d’une ville, c’est compliqué. Ce n’est pas possible de mettre une patrouille devant chaque lycée de la Ville.

Craignant de nouvelles violences et dégradations durant la semaine qui vient, la préfecture d’Ille-et-Vilaine a décidé de prendre un arrêté visant à autoriser l’utilisation de drones à Rennes et Cesson durant toute la semaine qui vient, du lundi 5 octobre au vendredi 9 octobre, de 7 h à 19 h, aux fins de prévenir les troubles à l’ordre public.