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Attentat raciste dans les Yvelines : des milliers de personnes rassemblées, le maire de Trappes accuse le RN

Le Télégramme · 30/10/2026 · ← revue

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a accusé vendredi les dirigeants du Rassemblement national (RN) d’avoir une responsabilité directe dans le passage à l’acte de l’auteur de l’attentat raciste qui a fait un mort et sept blessés dans les Yvelines la semaine dernière.

« Le Rassemblement national a assuré la transmission de la haine à travers les décennies », a déclaré l’élu devant plusieurs milliers de personnes réunies contre le racisme et en hommage aux victimes.

« Quand Jordan Bardella décrit Trappes comme « une République islamique en miniature » ; quand il exhorte les siens à « rendre Trappes à la France » (…), que fait-il d’autre que de presser ses troupes à passer à l’acte ? », a dénoncé Ali Rabeh.

Bardella et Le Pen copieusement hués par la foule

« Mesurez le danger de la propagande de Bardella, (Marine) Le Pen et leurs relais, quand le terroriste affirme que Trappes est un repaire d’islamistes, qu’il « ne supporte plus d’être envahi et de ne rien faire contre ça »», a-t-il poursuivi.

À chaque évocation de leurs noms, Jordan Bardella et Marine Le Pen ont été copieusement hués par la foule.

Vendredi dernier, un homme armé a tué par balle à Trappes Pengo Bossio Wangi, un Français noir de 26 ans, et fait sept blessés, dont une fillette de 12 ans grièvement touchée à La Verrière, commune voisine.

Mis en examen jeudi à Paris et placé en détention provisoire, le suspect a reconnu avoir « spécifiquement ciblé des personnes (…) de type musulman ou africain ou nord-africain » et choisi Trappes, considérée à ses yeux comme « un repaire d’islamistes », selon le procureur national antiterroriste Olivier Christen.

Des autocollants à la gloire du RN ont également été retrouvés à son domicile, selon le procureur.

Le suspect a toutefois affirmé n’être adhérent ou sympathisant d’aucun parti politique et fait état de problèmes psychologiques et psychiatriques.

Dans son discours, Ali Rabeh s’en est également pris à CNews et à l'« empire médiatique » du milliardaire Vincent Bolloré.

Il a exhorté les médias « libres » à « tenir la digue » et à « assumer de fermer (leurs) antennes aux racistes condamnés ».

Mobilisation citoyenne à Trappes

Par ailleurs, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées vendredi soir à Trappes (Yvelines) à l’occasion d’un rassemblement contre le racisme et l’islamophobie, une semaine après l’attentat meurtrier commis dans le département, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’événement, organisé place des Merisiers à l’initiative du maire de Trappes, Ali Rabeh (Générations), intervient une semaine après la mort de Pengo Bossio Wangi, un Français noir de 26 ans, tué par balle le 23 octobre dans cette commune de l’agglomération parisienne.

À Trappes, de nombreux drapeaux français étaient brandis dans la foule, aux côtés de pancartes portant des slogans comme « Le racisme tue, le silence aussi » ou « Nous ne sommes pas des cibles, nos vies comptent ». Plusieurs personnalités politiques, principalement de gauche, avaient confirmé leur participation, parmi lesquelles Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier et Ségolène Royal.