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À Perros-Guirec, les cosmétiques bio Nominoë repartent de l'avant

Les Échos · 08/09/2026 · ← revue

Nominoë veut passer à la vitesse supérieure. Reprise en 2025 par Mylène Ricard et Paul Reuzé, la marque de cosmétiques naturels et biologiques, créée en 2008, revoit ses ambitions à la hausse. Après avoir consacré les premiers mois à stabiliser l'entreprise, basée à Perros-Guirec dans les Côtes-d'Armor, les deux dirigeants veulent désormais accélérer son développement. Les premiers résultats sont encourageants : le chiffre d'affaires a triplé sur le premier exercice post-reprise, de septembre 2025 à septembre 2026. Une performance réalisée alors que l'entreprise sortait de deux années difficiles. « Notre premier travail était de stabiliser la structure financière. Maintenant, l'objectif est de mettre un coup sur l'expansion de la marque », expliquent Mylène Ricard et Paul Reuzé.

Un segment premium

L'entreprise entend s'appuyer sur un positionnement assez singulier dans la cosmétique bio. La marque revendique une « réinvention de l'herboristerie bretonne », en privilégiant des actifs végétaux issus du territoire plutôt que l'imaginaire marin dominant dans la cosmétique bretonne. Ajonc, blé noir, artichaut ou genêt entrent ainsi dans ses formulations. Certifiés bio, les produits se positionnent sur un segment premium, avec par exemple une crème hydratante à 33 euros et une mousse nettoyante à 26,50 euros. La fabrication et le conditionnement sont réalisés en Bretagne, dans le Finistère et les Côtes-d'Armor. Cette identité accompagne la stratégie de croissance. Nominoë compte désormais 35 à 40 boutiques partenaires, contre une trentaine auparavant, tandis que l'e-commerce représente environ la moitié du chiffre d'affaires. Un sérum anti-âge, neuvième référence et premier produit développé depuis la reprise, doit compléter la gamme d'ici début 2027.

Objectif : 250.000 euros de chiffres d'affaires

La fin de 2026 doit marquer une nouvelle étape de ce plan stratégique. L'entreprise participera pour la première fois à un salon professionnel les 28 et 29 septembre. En novembre, sa mousse nettoyante, son best-seller depuis la création de la marque, sera diffusée à 37.000 exemplaires dans le cadre d'une box beauté. La pharmacie et la parapharmacie constituent également des relais de croissance envisagés. L'hôtellerie, notamment sur le littoral breton, « reste une autre piste, même si l'offre doit encore être adaptée aux contraintes de ce marché », précise Mylène Ricard. Le développement doit enfin se traduire par des emplois. Encore pilotée par les deux repreneurs, Nominoë prévoit de recruter trois personnes dans les trois prochaines années, dans les fonctions commerciales, recherche et développement et communication. L'objectif est d'atteindre environ 250.000 euros de chiffre d'affaires à cet horizon. L'entrée récente dans le réseau Marque Bretagne doit accompagner cette montée en puissance. Après avoir renforcé son ancrage régional, l'entreprise envisage de développer ses ventes en Belgique, en Allemagne, en Suisse, en Italie et en Espagne. À plus long terme, le Japon et la Corée figurent parmi les marchés ciblés. Mais le cap immédiat reste régional : « On veut d'abord convaincre les Bretons », avance Paul Reuzé.

Stéphanie Bescond