Revue de presse

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11 500 participants à la manifestation interdite à Rennes et des heurts en fin de parcours

Le Télégramme · 24/10/2026 · ← revue

Ils étaient 11 500 dans les rues de Rennes samedi après-midi, selon la préfecture. Un rassemblement de grande ampleur malgré l’interdiction de la manifestation. Une mesure prise au vu des graves débordements qui s’étaient produits en marge de l’appel à manifester du samedi 17 octobre, avec des heurts d’une rare violence entre des casseurs, des pillards et les forces de l’ordre. Une journée qui s’était soldée par une soixantaine de commerces vandalisés ou encore pillés et par 53 interpellations. Ce samedi, un dispositif de sécurité plus important avait ainsi été déployé, avec, en plus des effectifs locaux des unités spécialisées, trois forces mobiles et deux véhicules blindés de la Gendarmerie nationale. Dans ce contexte, cette nouvelle journée de mobilisation s’annonçait donc électrique.

« Défendre le droit de manifester »

La matinée est restée calme alors que plusieurs actions étaient annoncées à Rennes. Les forces de l’ordre avaient en effet pris position sur plusieurs ronds-points en périphérie de la ville. Vers 14 h, des manifestants se sont rassemblés sur la place de Bretagne, avant de prendre la direction du mail François-Mitterrand. Le long cortège a ensuite suivi le parcours, évitant le centre-ville, qu’avait déposé Solidaires 35 en préfecture, mais hors délai. Au cours de l’après-midi, les manifestants ont défilé dans le calme, étroitement encadrés sur leur trajet par les policiers et les gendarmes. Parmi la foule rassemblée, Elio, cuisinier à Rennes tenait à être présent ce samedi : « Je suis là contre la vie chère. On est beaucoup à ne plus joindre les deux bouts. On voit bien toute la misère qu’il y a en France. On vient pour défendre le droit de tous et défendre le droit de manifester ». Ulysse, lui, est étudiant en sciences de l’ingénieur : « Je viens soutenir les revendications des lycéens et des étudiants. On attend de l’écoute de la part du gouvernement, qui débouche sur des mesures vraiment concrètes pour améliorer la situation et défendre la justice sociale ».

Des heurts jusqu’en début de soirée

Après deux heures de déambulation, la manifestation est arrivée à la place de la gare où les manifestants devaient se disperser. Mais plusieurs milliers de personnes ont poursuivi leur chemin en direction du centre-ville. Arrivés à la place de la République des heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre qui interdisaient l’entrée vers l’hypercentre. Plusieurs centaines de manifestants radicaux, qui occupaient notamment la rue du Pré botté ont lancé différents projectiles dont des bouteilles ou encore des pavés sur les forces de l’ordre qui ont répliqué avec du gaz lacrymogène. Des affrontements violents au cours desquels le mobilier d’une agence immobilière, vandalisée, a été utilisé pour jeter sur les gendarmes et policiers présents. Les manifestants ont pu finalement être repoussés dans un premier temps, vers le boulevard de la Liberté, puis vers la rue de l’Alma, et enfin jusque dans le secteur sud gare. Sur leur passage les manifestants ont incendié des poubelles, mis en place des barricades avec des grilles de chantier ou encore lancé des mortiers d’artifice sur les forces de l’ordre. Au total, 52 personnes ont été interpellées jusqu’en début de soirée et les pompiers ont dû intervenir pour éteindre cinq feux. La préfète d’Ille-et-Vilaine Emmanuelle Dubée déplore pour sa part « ces nouveaux actes de violence inadmissibles qui mettent la population et les forces de sécurité en danger ».