Spéculation immobilière : comment cette commune littorale du Finistère s’organise pour garder la maîtrise du foncier
Le logement est un sujet sensible à Combrit. Quel est votre constat ?
Il y a quelques années, on a vu des personnes acquérir des maisons d’un bailleur social, en accession à la propriété, au prix de 180 000 €, sur des terrains que la commune avait cédé au bailleur. C’était en 2017. On observe la spéculation foncière dans la commune : en 2023, ces maisons ont été vendues à 330 000 € ! Ce n’est pas possible, on doit essayer d’éviter cela et garder le plus possible une maîtrise du foncier de Combrit.
Malgré la pression sur le marché immobilier, la commune continue-t-elle d’attirer ?
Oui ! Une étude de Quimper Cornouaille développement montre que Combrit attire toujours des jeunes ménages, mais avec des revenus élevés.
Un projet se lance, au niveau de Trévennec, de quoi s’agit-il ?
Oui, nous avions fait de la réserve foncière à cet endroit. Quarante-quatre logements y sont prévus avec Armorique Habitat (qui devient Arkéa habitat). Il y aura 20 locations sociales, du T2 au T4. Les logements seront construits sur du foncier dont la commune garde la maîtrise, puisque nous avons signé un bail emphytéotique (de longue durée) avec le bailleur.
Il y aura également 24 logements disponibles en bail réel et solidaire. Cela permet de faire l’acquisition de son habitation sans être propriétaire du foncier et d’avoir des prix intéressants à l’achat. Mais il y aura des clauses pour pouvoir revendre : elles limiteront la spéculation et le rachat pour de la résidence secondaire.
Vous prévoyez une réunion publique à propos de ce projet ?
Oui, elle est se tiendra avec le porteur de projet, le 10 novembre, à 19 h, à la salle Croas Ver.
Il y a d’autres projets de logement sociaux dans la commune ?
Oui, il y a eu une collaboration avec l’opérateur Aiguillon, au bourg, au-dessus de la micro-crèche, avec la création de onze logements. Là encore, il s’agit d’un bail emphytéotique, de 60 ans, qui nous permet de garder la maîtrise du foncier.
Il y a aussi une autre opération à venir à Sainte-Marine, au niveau de la salle Pen Morvan. La rénovation de la salle était trop onéreuse. Nous partons donc sur le projet, avec l’opérateur Aiguillon, d’une nouvelle salle et, derrière celle-ci, la création de dix logements, là encore en bail réel et solidaire. Il y aura aussi un projet sur un terrain du Sivom, près de la maison de retraite, pour de l’habitat multi-générationnel.
Vous portiez aussi l’idée d’un lotissement pour de l’habitat léger. Où en est-ce ?
Oui, c’est toujours en cours d’élaboration. Cela est prévu sur le site d’une ancienne carrière, au niveau du Croissant. En raison de la nature du terrain, on ne peut pas y construire en dur, mais il est possible d’y faire de l’habitat léger. En lien avec l’association Kenvevan, neuf tiny-house pourraient s’y installer. On veut aussi y implanter un jardin public en 2027. Une autre parcelle fera l’objet d’un projet avec Ailes habitat et il restera une parcelle pour laquelle on étudie des propositions.
Et ensuite, vous restera-t-il du foncier ?
Nous en aurons consommé la plupart et la loi Zan (zéro artificialisation nette, N.D.L.R) arrive. Nous serons limités pour trouver des terrains, mais pas quand il s’agira de reconstruire ou de requalifier de l’ancien.
Vous avez décidé d’augmenter le taux de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, pourquoi ?
Oui, nous l’avons fait en septembre, nous avons monté le taux à 60 %, le maximum. Jusque-là, la commune n’avait pas augmenté la fiscalité depuis 2008, elle sera amenée à évoluer. Mais je rappelle que les gains de la taxe sur les résidences secondaires sont réinvestis pour créer de la réserve foncière municipale ou pour des projets de logements.