« Même 1€, c’est un coût en plus pour le contribuable » : à quoi va servir cette taxe votée par Fougères agglomération ?
Les élus de Fougères agglomération ont fait leur rentrée, lundi 7 septembre 2026. La création d’une nouvelle taxe applicable dans les 28 communes était notamment à l’ordre du jour de ce conseil. Baptisée Gemapi, elle vise à financer de nouveaux aménagements pour préserver les milieux aquatiques et faire face aux risques d’inondation. La compétence est portée par l’agglo depuis 2018, qui avait jusqu’ici fait le choix de la financer via son budget général. Seulement voilà, les contraintes budgétaires sont de plus en plus fortes sur les collectivités , avance Anne Perrin, vice-présidente en charge des finances de l’intercommunalité.
« Essentielle à l’heure du réchauffement climatique »
Cette taxe est donc vue comme une ressource pour sécuriser les missions de la Gemapi. Parmi elles : l’aménagement des bassins hydrographiques, l’entretien et l’aménagement des cours d’eau, canaux, lacs et plans d’eau, la prévention des inondations et la gestion des ouvrages de protection ou encore la protection et la restauration des milieux aquatiques et des zones humides. Cette compétence revêt un caractère essentiel à l’heure où le dérèglement climatique s’intensifie , plaide Anne Perrin, qui pointe par ailleurs la tendance à la baisse des financements des agences de l’eau. La taxe pourrait entrer en vigueur courant 2027 et être réévaluée chaque année, en fonction des actions envisagées. Elle viendra s’ajouter à la cotisation foncière pour les entreprises (CFE), à la taxe foncière ou à la taxe d’habitation sur les résidences secondaires pour les propriétaires. Elle ne concerne donc pas les simples locataires. Son montant maximal est fixé à 40 € par contribuable, tandis que la moyenne nationale est d’un peu plus de 9 € par habitant en 2025. Les taux dépendront quant à eux du produit annuel attendu qui sera voté ultérieurement par Fougères agglomération.
Anticiper face à « l’urgence » de la situation
Un nouvel impôt auquel Louis Pautrel se montre défavorable. Le maire de Le Ferré et vice-président en charge des travaux regrette le mauvais timing. Depuis quelques années, nous vivons le retour de l’inflation et des hausses successives , observe-t-il, mettant en avant le porte-monnaie des habitants. Même si on parle d’un euro, c’est un coût en plus pour les contribuables qui voient déjà la facture grimper avec les prix des carburants, de l’électricité et du gaz , insiste l’élu. Maire de Monthault, Roger Buffet, craint pour sa part de voir augmenter cette taxe au fil des ans, pour compenser le désengagement des agences de l’eau. Les enjeux écologiques sont à nos portes, plaide Gilbert Fesselier, vice-président délégué à l’eau et adjoint à Fougères dédié à la transition écologique. La politique bocagère n’est aujourd’hui pas à la hauteur de nos ambitions. Un argument soutenu par Pascal Dallé, conseiller d’opposition à Fougères : Il faut faire des efforts, investir. Mais pour cela, il nous faut des ressources. Si Alice Lebret a conscience des difficultés de la période actuelle face au coût de la vie, la présidente de Fougères agglomération défend malgré tout l’urgence de la situation. Nous devons être dans l’anticipation et le travail de fond plutôt que dans l’urgence , conclut-elle.