Logement en tension dans cette cité balnéaire en Côtes-d’Armor : des taxes alourdies pour faire vivre la ville à l’année
Des taxes qui vont être majorées à Paimpol (Côtes-d’Armor). Réunis ce lundi 28 septembre 2026 en conseil municipal, les élus ont adopté, à la majorité - avec l’opposition ou l’abstention de l’équipe de la minorité -, quatre délibérations pour augmenter la politique du logement. Parmi elles, la majoration de la taxe d’habitation des résidences secondaires dans la commune bretonne. Elle passe donc de 40 % à 60 % (1).
En 2023, dans cette ville qui compte 17,1 % de résidents secondaires et occasionnels selon l’Insee (un peu plus de 900 habitats), l’équipe municipale déjà en poste avait usé une première fois de cette majoration comme le lui permettait la loi. Comme d’autres communes autour, à l’image de Ploubazlanec, Plouézec, ou plus loin, Saint-Jacut-de-la-Mer, Matignon. D’après la délibération du conseil paimpolais, cette taxe rapporte 2 595 000 € et les bases prévisionnelles estiment le produit de la future majoration à 176 356 €. Le logement est un enjeu majeur pour assurer la pérennité des communes. Aujourd’hui, à Paimpol, peu de logements sont disponibles. Les actifs sont contraints d’habiter loin de leur travail, ce qui les contraint dans leur budget et impacte les employeurs, avance Cécile Etrillard, adjointe aux finances, à l’économie et aux commerces. On a des outils qui se présentent à nous pour qu’il y ait plus de logements principaux. Nous les prenons.
Les logements vacants concernés
Le recours au taux maximal est loin d’être un choix isolé. Selon une étude publiée par la Direction générale des finances publiques (DGFiP), plus de quatre communes sur dix parmi celles appliquant une majoration ont retenu le plafond de 60 %, en 2026. Paimpol souhaite suivre cette tendance pour avoir davantage de personnes à l’année, faire vivre le cœur économique de la ville et faire revenir les actifs dans le coin.
Ce n’est pas la seule taxe qui verra son montant augmenter. En 2027, la taxe sur les logements d’habitation et la taxe sur les logements vacants fusionneront pour n’en faire qu’une : la taxe sur la vacance des locaux d’habitation (TVLH). Du fait de son classement en zone tendue, Paimpol voit cette dernière s’appliquer automatiquement, avec un taux de base de 17 % pour la première année, en 2027 et 34 % les années suivantes (2).
Sauf qu’aujourd’hui, le manque de logements, la ville entend mobiliser tous les dispositifs permettant de remettre les logements dans le parc principal, répète la maire Fanny Chappé. De 2025, 374 logements seraient potentiellement vacants sur Paimpol. En 2023, ils représentaient 13,5 % du parc, contre 7,5 % en Bretagne à la même date. Aussi, le conseil a, à la majorité, voté, ce lundi, pour majorer la TVLH.
Elle sera donc, dans la cité, à 30 % pour la première année d’imposition et 60 % pour les suivantes. Suivant cette même ligne de conduite, la municipalité a également fait voter l’exonération de la taxe foncière pour trois ans sur les propriétés bâties, de dix ans, et qui ont réalisé des travaux d’économie d’énergie ; et adopter celle, de 40 %, pour les constructions neuves à usage d’habitation pendant deux ans, après leur achèvement.
(1) Depuis la loi de finances pour 2017, les communes situées en zone tendue peuvent majorer la part communale de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires de 5 % à 60 %.
(2) Les logements destinés à être attribués sous conditions de ressources, dont ceux des bailleurs sociaux et ou vacants de manière involontaire ne sont pas concernés par le dispositif. Seuls ceux à usage d’habitation, habitables, non meublés et inoccupés pendant au moins un an verront cette taxe s’appliquer.