Impôts : comment est calculée votre taxe foncière et pourquoi elle augmente toujours

Par Nathalie Cheysson-Kaplan (Journaliste indépendante)
La taxe foncière sur les propriétés bâties a représenté en moyenne 12,50 euros par mètre carré de surface habitable en 2024, avec des pointes à 20 euros/m2 pour les métropoles du Grand Paris, à 18,70 euros/m2 pour celles de Nice-Côte d'Azur et à 17,50 euros/m2 pour celles d'Aix-Marseille-Provence (DGFIP statistiques no 34, mai 2025). En 2026, la grande majorité des communes (85,8 %) ont reconduit leur taux ; elles ne sont que 14 % à l'avoir augmenté. Selon la DGFIP, la hausse des taux concerne 8,2 % de la population, les habitants des communes de moins de 3.500 habitants étant davantage concernés par cette augmentation. A l'inverse, seuls 7 % des habitants des communes de 10.000 à 100.000 habitants sont confrontés à une hausse du taux de leur taxe foncière (DGFIP Data Collectivités locales, août 2026). Reste que le taux n'est pas le seul élément à prendre en compte. Les valeurs locatives servant de base de calcul à la taxe foncière sont revalorisées forfaitairement chaque année au niveau national. La revalorisation est de 0,8 % en 2026, après des hausses de 1,7 % en 2025 et de 3,9 % en 2024.
La réforme toujours repoussée
Mais si les valeurs locatives sont revalorisées chaque année pour tenir compte de l'inflation, les valeurs locatives des locaux d'habitation n'ont pas été révisées depuis les années 1970. Elles sont aujourd'hui très éloignées de la réalité du marché immobilier. La réforme destinée à les remettre à plat, engagée en 2020 et qui devait initialement produire ses effets en 2028, a une nouvelle fois été repoussée l'année dernière, avec une entrée en vigueur en 2031. Les loyers collectés auprès des propriétaires bailleurs en 2028 serviront à établir, par catégorie de logements et par secteur géographique, de nouveaux tarifs au mètre carré reflétant davantage la réalité du marché locatif. Conséquence : certains logements aujourd'hui sous-évalués par rapport au marché pourraient voir leur base augmenter tandis que d'autres pourraient bénéficier d'une baisse. Un rapport évaluant notamment ces transferts devrait être remis au Parlement avant le 1er septembre 2029.