Ile-de-France : ce que dit le dernier léger sursaut des finances locales

Par Alain Piffaretti
En 2025, les finances locales franciliennes respirent un peu, mais restent sous pression. C'est le principal enseignement de l'étude annuelle de l'Institut Paris Région (IPR) consacrée aux comptes des communes, des intercommunalités, des départements et de la région Ile-de-France. « Les chiffres montrent une légère amélioration globale de la situation financière, à l'exception de la région », résume Valentin Sauques, chargé de mission Finances locales à l'IPR et auteur de l'étude. Les recettes de fonctionnement ont atteint 46,1 milliards d'euros, en hausse de 2,6 % sur un an. Les dépenses courantes n'ont, elles, progressé que de 0,7 %, soit moins que l'inflation.
Des recettes inégales
L'embellie doit cependant être replacée dans son contexte : elle succède à une année 2024 particulièrement dégradée, marquée notamment par le recul du marché immobilier et la chute des droits de mutation, ces taxes acquittées lors des transactions. Surtout, toutes les collectivités n'ont pas vu leurs recettes s'améliorer de la même façon. Les départements et la Ville de Paris ont regagné un peu de marge grâce au relatif redémarrage de l'immobilier et la hausse des droits de mutation qui ont progressé de 667 millions d'euros sur le territoire francilien l'an passé. La région Ile-de-France, en revanche, a vu ses recettes reculer de 1,3 %. Sa dépendance à une fraction de TVA, dont la progression a été gelée par la loi de finances pour 2025, explique en grande partie cette évolution. Dans tous les cas, il faut noter que le DILICO, mécanisme national de prélèvement en faveur de l'Etat sur les ressources fiscales des collectivités locales, a pesé de plus en plus sur les budgets locaux. En Ile-de-France, il a représenté 100 millions d'euros pour Paris, 80 millions pour les départements, 75 millions pour les communes hors Paris et 53 millions pour la région.
Amélioration en trompe-l'oeil
Surtout, cette amélioration des finances locales en 2025 est largement liée à la mise en place d'économies, notamment sur les dépenses d'investissement. Le montant global d'investissement s'établit à 15 milliards d'euros, en léger recul de 180 millions sur un an. Seules les villes parviennent à maintenir un effort soutenu, avec des investissements en hausse de 6,4 %. La situation est plus inquiétante pour les départements, qui réduisent leurs programmes après plusieurs années difficiles. Et également pour la région qui ralentit ses investissements, notamment dans les transports. « La nouvelle équation budgétaire intervient alors que les collectivités vont devoir poursuivre des investissements massifs pour adapter les territoires au changement climatique », insiste Valentin Sauques. Rénovation des bâtiments publics, adaptation des infrastructures, gestion de l'eau, protection des espaces naturels : tous ces secteurs appellent en effet des investissements considérables.