Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Lutte contre la fraude : la Commission européenne ouvre une enquête à l'encontre de Booking

Les Échos · 21/10/2026 · ← revue

Par Rachel Cotte

Bruxelles accentue son offensive contre les arnaques en ligne. Après une première enquête ouverte en avril 2024 visant Meta, qui est toujours en cours, la Commission européenne a annoncé mercredi l'ouverture d'une deuxième enquête à l'encontre de la plateforme néerlandaise Booking.com (cotée au Nasdaq et propriété du groupe américain Booking Holdings) concernant sa lutte contre les escroqueries et les fraudes. En vertu du Digital services act (DSA), qui avait désigné Booking en tant que « très grande plateforme numérique », la Commission européenne doit notamment évaluer si le site de réservation de voyages a pris les mesures nécessaires pour limiter les risques liés aux annonces frauduleuses et aux escroqueries par hameçonnage (phishing).

« Appartement fantôme »

Fausses annonces d'hébergement, offres pour des hôtels inexistants ou non conformes… Cette procédure s'appuie sur un nombre important de témoignages et de plaintes contre la plateforme, de la part de clients qui ont été victimes d'arnaques, notamment aux Pays-Bas et dans d'autres pays européens. Ces dernières années, la presse s'est fait le relais des nombreuses mésaventures vécues par des clients de la plateforme. « De nombreuses plaintes ont été déposées, notamment par des associations de consommateurs et des organisations d'hôteliers », a précisé une responsable de la Commission, s'exprimant sous couvert de l'anonymat. Dans une enquête vidéo publiée fin septembre, « Le Parisien » évoquait par exemple une arnaque à « l'appartement fantôme » sévissant sur la plateforme et racontait la mésaventure de plusieurs touristes ayant réservé le même logement inexistant. Le phénomène plus courant est toutefois d'avoir affaire à des annonces trompeuses, dont les photos ou le descriptif ne sont pas fidèles à la réalité. Les Européens doivent pouvoir réserver leurs vacances sans craindre d'être escroqués. Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission pour la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie « Les Européens doivent pouvoir réserver leurs vacances sans craindre d'être escroqués. Le règlement sur les services numériques fixe des responsabilités claires pour les plateformes face à ces risques, et nous devons veiller à ce que la principale plateforme de réservation en Europe prenne ces responsabilités au sérieux », a déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive pour la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie.

Hameçonnage

L'enquête évaluera si la plateforme a mis en place des mesures efficaces pour atténuer ces risques, notamment « en supprimant les annonces frauduleuses et non conformes », précise la Commission dans son communiqué. Celle-ci examinera par ailleurs si l'entreprise a mis en place des garanties suffisantes pour empêcher que des données ne soient détournées à des fins d'hameçonnage et de sollicitation de paiements frauduleux. Outre les arnaques liées à des annonces frauduleuses, certains clients de la plateforme ont en effet pu être victimes de tentatives d'hameçonnage via l'application. Concrètement, certains escrocs parviennent à pirater le compte d'hôtels présents sur Booking. De cette manière, ils sont en mesure d'envoyer des messages aux clients, qui sont alors mis en confiance par le caractère officiel du canal de messagerie. Les hackers tentent ensuite de soutirer des informations confidentielles aux clients, comme leurs coordonnées bancaires, en leur faisant par exemple croire qu'ils doivent régler des sommes supplémentaires. Le dernier volet de l'enquête porte sur le respect par Booking.com de ses obligations de transparence en matière de publicité, elles aussi prévues par le DSA. Alors que les hôteliers peuvent accroître la visibilité de leurs annonces en versant une commission plus élevée à la plateforme, les utilisateurs doivent être en mesure de comprendre clairement que ces « annonces mises en avant » constituent de la publicité, souligne la Commission. Contactée par l'AFP, la plateforme a indiqué coopérer « pleinement avec la Commission européenne et [répondre] de manière constructive à ses questions ».

Rachel Cotte