« Une centaine de candidats pour seulement quinze admis » : en Vendée, cette école de bijouterie connaît un grand succès
L’œil dans le microscope, ils doivent faire preuve d’une précision d’orfèvre. Et cela tombe bien, ils sont au bon endroit. Dans les locaux du site des Etablières, aux Herbiers (Vendée), les élèves, en majorité des femmes, étudient et pratiquent pour devenir joaillier, bijoutier et sertisseur. Habillés de longues blouses blanches, ils fabriquent de nombreux bijoux, pour parfaire leurs techniques.
Des élèves de tous les âges
J’aime travailler de mes mains et sentir la matière, décrit Malou Lebreton. À 20 ans, elle est en CAP Art et Techniques de la Bijouterie-Joaillerie, option bijouterie sertissage. On fait quelque chose de physique, de concret, ce que tu fais ça se crée devant toi. Le côté artistique est aussi très important, on réalise de très beaux ouvrages. Et puis chaque semaine, on apprend quelque chose de nouveau.
En septembre 2027, l’école fêtera ses 20 ans et le succès de ce diplôme d’État est grandissant. Au tout début il y avait quatre élèves, maintenant ils sont 55, répartis sur trois formations différentes, souligne Élise Gobin, responsable de la formation. Chaque année, ce sont plus d’une centaine d’élèves qui candidatent pour seulement quinze admis. Nous avons des jeunes qui viennent d’un peu partout en France, c’est d’ailleurs la seule école de Vendée.
Si beaucoup d’élèves ont entre 18 et 25 ans, il est également possible d’entrer après le collège. Nous les poussons, malgré tout, à aller jusqu’au bac, mais ça peut arriver que nous en prenions, comme des gens plus âgés en reconversion professionnelle, poursuit Élise Gobin. Avoir des personnes très variées apporte de la richesse au groupe comme à l’école.
Une explosion du recrutement depuis le Covid
Jeanne Dumenil a 24 ans. Originaire de Poitiers (Vienne), elle a d’abord fait un BTS dans l’audiovisuel, puis une année de césure pour une raison simple : se réorienter et trouver une voie qui lui plaisait. J’avais postulé dans différentes écoles, mais ici, les classes sont plus petites qu’ailleurs, c’est assez familial, on est peu, alors on se connaît tous. L’avantage c’est que nos formateurs sont pour beaucoup des professionnels, ils sont encore pleinement dans le métier, alors forcément, ils s’y connaissent.
À deux portes de la salle des sertisseurs, Léonie Maury, 21 ans, effectue sa quatrième année au sein de l’école, la première en alternance. Cette année, elle passe le certificat de spécialisation en joaillerie. Armée de sa pince et de son chalumeau, elle crée le bijou à partir d’un modèle donné par son enseignant. Cette année ça me permettait de faire une transition entre l’école et le salariat. Je ne me voyais pas entrer sur le marché du travail sans avoir au moins une expérience longue en entreprise. La jeune femme a participé à deux reprises au concours du Meilleur apprenti de France (MAF).
Mais avec la conjoncture actuelle, y a-t-il du travail dans le milieu de la bijouterie ? Oui mais un plafond a peut-être été atteint, détaille Élise Gobin. Depuis le Covid, il y avait énormément de débouchés, mais maintenant, ça risque de diminuer un peu. Nous formons également nos élèves à la conception assistée par ordinateur, c’est un vrai gain de temps dans notre métier, et ces compétences sont de plus en plus demandées par les employeurs. C’est un avantage, nous faisons en sorte qu’ils soient dans un atelier artisanal comme dans une grande entreprise.