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Un seul lycée d’Anjou « à rénover en priorité » selon l’État alors que d’autres sont des « passoires thermiques »

Ouest-France · 04/11/2026 · ← revue

Le mouvement lycéen lancé en septembre 2026 à Créteil, devenu national depuis, n’a pas épargné Saumur (Maine-et-Loire). Le 1er octobre, les élèves des lycées Duplessis-Mornay et Carnot-Bertin entraient à leur tour en action avec des tentatives de blocus et des manifestations. De nouvelles mobilisations avaient suivi à partir du 6 octobre avant que le mouvement ne s’essouffle localement. C’est aussi cette semaine-là que le ministère de l’Éducation nationale ouvrait, du lundi 5 au vendredi 23 octobre 2026, une grande consultation nationale sur la plateforme Agora. Tous les lycéens sont invités à faire connaître leurs difficultés, leurs attentes et leurs propositions pour améliorer leur scolarité, annonçait le ministère.

L’analyse de ces contributions a permis de définir une liste de 200 établissements publics à rénover en priorité, grâce à l’enveloppe de 4 milliards d’euros fléchée par le gouvernement à cet effet. Surprise, le lycée Duplessis-Mornay de Saumur figure dans ladite liste, au 151e rang. Comment l’expliquer ? « La liste a été définie au regard du nombre de signalements opérés sur la plateforme Agora », nous indiquent les services du ministère de l’Éducation nationale, sans autre justification. En tout, 51 contributions ont été enregistrées (pour 770 élèves) pour ce lycée de centre-ville. La majorité pointe la vétusté des locaux, ainsi que les problèmes de chauffage et de chaleur.

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Sans concertation avec la Région

Dans la foulée, rectorats et Régions ont reçu la synthèse de cette consultation lycéenne, avec consigne de traiter les problèmes ciblés par les élèves. La méthode n’est pas sans chagriner le conseiller régional saumurois Éric Touron qui, sollicité par nos soins, s’émeut de la situation. Encore une fois, on est face à la centralisation de l’État. La liste en question a été établie sans aucune concertation avec la Région qui a la charge des lycées.

Pour bien connaître le contexte des deux lycées saumurois, l’élu régional, également maire de Distré, est sans équivoque. S’il y a des travaux à faire dans l’urgence, c’est bien au lycée Carnot-Bertin.

Bien pire ailleurs

Sans opposer les deux établissements, il rappelle que de nombreux travaux d’entretien et d’amélioration ont été effectués ces dernières années au lycée Duplessis-Mornay (salles de cours, foyer des élèves, internat). Ce que concède le proviseur Yann Calvet. Il y a toujours des points de vigilance à avoir et des travaux d’entretiens nécessaires, mais on doit trouver bien pire ailleurs – et mieux aussi. Mais je n’ai pas le sentiment que le lycée soit délaissé par la Région. La bonne nouvelle, c’est que nos élèves se sont saisis de l’opportunité qui leur était donnée pour faire remonter en nombre leurs revendications, en bonne intelligence.

Les lycéens de Duplessis-Mornay eux-mêmes en étaient conscients au moment de leur mobilisation. À la sortie de leur entrevue avec la sous-préfète de Saumur Louise Brun, le 6 octobre, les représentants de la délégation reçue l’avaient relayé à leurs camarades : Nous ne serons pas les établissements prioritaires dans les futures mesures. Car il y a des établissements qui sont plus dans la précarité que nous.

Une aide d’urgence pour la fin d’année

En revanche, le lycée Carnot-Bertin, qui ne figure pas dans la liste, se trouve bel et bien dans une position plus que délicate. Il y a de vraies inquiétudes sur les capacités budgétaires de l’établissement, commente Éric Touron, qui siège au Conseil d’administration. Juste avant les vacances scolaires de la Toussaint, la direction avait même envoyé un courriel aux parents d’élèves pour leur dire que l’établissement ne serait peut-être pas en mesure d’accueillir leur progéniture dans des conditions normales à la rentrée le 2 novembre, avant de les rassurer deux jours plus tard. Pour le dire autrement, il n’était pas certain que le lycée puisse être chauffé correctement, faute de budget.

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La situation est financièrement compliquée depuis de nombreuses années. La Région a décidé dans l’urgence de remettre 310 000 € au pot pour que le lycée puisse finir l’année, en plus de la dotation annuelle de 785 000 € octroyée par la Région pour le fonctionnement (fluides, maintenance, matériel pédagogique…). Dans ce contexte, un audit financier a aussi été demandé par le Rectorat, qui sera réalisé ces prochaines semaines, explique le conseiller régional. On a besoin d’y voir un peu plus clair pour repartir sur des bases saines, indique l’élu qui a bien conscience des problématiques du lycée. C’est une passoire thermique, il y a urgence.

Rénovation en vue ?

Les bâtiments du lycée, ouvert en 1962, sont en effet vétustes. Les rénovations et extensions réalisées dans les années 1970 et 1980 ne sont plus du tout au goût du jour en termes de confort. Au début de l’été 2026, des ateliers ont été inondés après un gros orage. Le bâtiment C doit faire l’objet d’une rénovation en profondeur, mais les travaux ne commenceront pas avant l’été 2027. À entendre Éric Touron, le programme de rénovation du lycée, en site occupé, ce qui compliquera la tâche, se chiffrera en dizaines de millions d’euros sur plusieurs années. En attendant, on avance au coup par coup.