« Un choix écologique et pédagogique » : pourquoi ce collège des Côtes-d’Armor a mis fin au carnet de correspondance
Tous les anciens collégiens s’en souviennent. Un petit carnet cartonné qui traîne au fond du sac, corné, qu’on sort souvent la boule au ventre, à la demande d’un adulte. Dedans, on faisait signer aux parents les retards du matin, les absences pour maladie, mais aussi le mot du prof de maths après un bavardage de trop. Le carnet de correspondance, c’est un peu le journal de bord des années collège. Au collège Anatole-Le-Braz, il appartient désormais au passé. Grande première cette année, le collège public du centre-ville de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) passe à la carte de collégien. Il s’agit d’une carte au format carte postale, remise à chaque élève, qui sert de pièce d’identité au sein de l’établissement. Elle est couplée à une application, Pronote, qui centralise tout ce que contenait le carnet de correspondance.
Centraliser toute l’information
Absences et retards se justifient en ligne ; l’emploi du temps est mis à jour en temps réel en cas d’absence d’un professeur ; les sanctions et encouragements sont notifiés directement et les échanges avec la vie scolaire se font sans intermédiaire. Fini donc, le sempiternel « j’ai oublié mon carnet ». L’ambition est de centraliser et fluidifier les échanges, avec une meilleure visibilité pour les familles, les élèves et les enseignants. La décision a été actée, l’an dernier, par l’équipe éducative. C’est avant tout un choix écologique et pédagogique , justifie Nathalie Cresson, principale adjointe du collège. Il y a bien sûr un enjeu financier ; imprimer des centaines de carnets chaque année a un coût, mais ce n’est pas la raison principale du choix de l’établissement. Anatole-Le-Braz s’est engagé dans une démarche de labellisation E3D (Établissement en démarche de développement durable). Supprimer le carnet de correspondance permet d’économiser des kilos de papier à chaque rentrée. Le collège veut aussi simplifier le suivi des élèves, en regroupant toutes les informations sur un seul outil.
Gare à la fracture numérique
Reste une question essentielle, souligne Patrick Duprey, principal du collège : Pour nous, il va y avoir un enjeu fort : faire en sorte qu’aucune famille ne soit coupée de l’accès numérique. » Le collège prévoit donc un accompagnement pour les familles les plus éloignées du numérique, avec des temps d’information, une aide à l’installation de l’application et des postes informatiques en accès libre au sein de l’établissement. La carte de collégien ne doit pas être une barrière, mais bien un lien plus simple entre le collège et la maison », conclut Patrick Duprey.