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TÉMOIGNAGE. « Ce sont les éléments perturbateurs qui font peur » : comment ces parents vivent le blocus des lycées

Ouest-France · 06/10/2026 · ← revue

Ils préfèrent l’anonymat, parce que leur fils a un peu forcé le blocus pour rentrer en cours jeudi matin 1er octobre au lycée Chevrollier, à Angers : inutile d’attiser d’éventuelles tensions entre pro et anti-blocus. Nathalie et Laurent (1), domiciliés non loin du centre-ville d’Angers, acceptent pourtant volontiers de confier la manière dont ils perçoivent le blocus des lycées. Nous avons un fils scolarisé en seconde professionnelle à Cholet où il est interne : pour lui, il ne se passe rien et c’est tant mieux. À 15 ans, il ne saurait pas comment faire si son internat fermait brusquement comme ça a été le cas à Chevrollier en fin de semaine dernière, commence la maman.

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La situation du lycée Chevrollier touche directement ces parents : leur fils aîné y est scolarisé en première année de classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE). L’établissement est fermé depuis jeudi dernier. Les élèves qui étaient entrés le matin ont été confinés à l’intérieur toute la matinée avant d’être évacués le midi. Depuis, notre fils est frustré de ne pas aller en cours. Il compare avec Bergson où les cours sont assurés, il est conscient que le fait de manquer plusieurs jours pourrait lui porter préjudice, notamment lors des concours en fin de deuxième année. C’est compliqué à vivre pour lui.

« Indignés » par les conditions de certains internats

Pour autant, Nathalie comme Laurent trouvent la plupart des revendications des lycéens légitimes. En tant que Parisienne, j’ai manifesté lorsque j’étais étudiante à l’IUT, sous Claude Allègre, rappelle d’ailleurs la maman. Mais à l’époque, il s’agissait de manifestations pacifiques. Aujourd’hui, ce sont les éléments perturbateurs et la violence gratuite qui font peur, on ne sait pas ce qui peut se passer. Laurent complète : Ce n’est pas la même génération, les jeunes n’ont pas les mêmes filtres. Tous les deux sont donc rassurés que leurs garçons n’aillent pas manifester.

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Ça ne les empêche pas d’être indignés par les conditions de certains internats : ils citent le souci de l’internat de Chevrollier sans chauffage l’hiver dernier, ainsi que le manque de moyens et d’encadrement dans certains établissements qu’ils ont visités pour leur fils cadet. À Cholet où il est, il y a une heure d’étude surveillée par jour. À Saumur, c’était 45 minutes seulement deux fois par semaine. Ils pointent aussi des emplois du temps incohérents car de plus en plus difficiles à élaborer du fait des spécialités, des langues vivantes et des options qui diffèrent d’un élève à l’autre en première et terminale.

Ces parents sont convaincus que les violences ne sont le fait que d’une minorité. Ils préfèrent citer l’esprit de responsabilité de la majorité : Au lycée Turgot à Paris, un corridor de sécurité a été formé pour que les élèves de classes prépa puissent aller en cours. En concertation avec les lycéens.

(1) prénoms d’emprunt