Téléphone interdit au lycée, carte scolaire… Le ministre de l’Éducation détaille les nouveautés de la rentrée 2026
Les téléphones seront bien interdits dans les lycées à la rentrée, comme c’est déjà le cas au collège. « Le président Emmanuel Macron a pris la décision de promulguer la loi qui contient cette mesure », nous a confié le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray à l’issue du Conseil des ministres ce lundi 24 août 2026. Pour la première fois, on a une scolarité sans téléphone. » Une petite surprise, après la censure par le Conseil constitutionnel de la disposition phare de ce texte : l’interdiction des réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans.
Les téléphones des lycéens éteints et rangés
« Les lycéens pourront avoir un portable sur eux, mais ils devront être éteints et rangés dans les sacs, prévient Édouard Geffray qui a reçu Ouest-France et huit autres journalistes de la presse quotidienne à la veille de sa traditionnelle conférence de presse de rentrée. Si la règle est transgressée, ils seront confisqués. Grâce à des dérogations, les établissements pourront adapter la mesure à leur règlement intérieur si, par exemple, le portable sert à régler le repas à la cantine, ou dans les internats en dehors des heures de cours. » « Les établissements ne sont pas prêts », a toutefois estimé auprès de l’Agence France-Presse François Resnais, secrétaire national du SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d’établissements, en dénonçant un « mauvais timing ». Sur la question des réseaux sociaux et celle de « l’exposition excessive » des enfants aux écrans, il estime urgent de légiférer, car la société se trouve « face à une urgence sanitaire et démocratique ». « Certaines plateformes sont à l’origine d’une destruction cognitive massive chez nos jeunes, accuse-t-il. Des enfants n’arrivent plus à se concentrer plus de deux minutes, à apprendre leurs tables de multiplication. C’est préoccupant. Sans compter les vidéos de « fake news » générées par l’intelligence artificielle. Je m’inquiète du rapport à l’information des élèves et du développement de leur esprit critique. »
Une chute démographique qui impacte l’école
Édouard Geffray a également évoqué la chute de la natalité et la baisse démographique qui impacte l’école. Alors que l’Éducation nationale tablait sur 150 000 élèves de moins dans les classes après ces vacances scolaires par rapport à l’année écoulée, le système éducatif est finalement amputé de 161 000 élèves « On est à peine à 11,6 millions d’élèves, contre 12,3 millions en 2017. Et cela va continuer », anticipe le ministre. Alors que les cartes scolaires se dessinent d’une année à l’autre actuellement, avec des fermetures de classes et d’établissements décidées au printemps, une expérimentation est menée depuis l’an dernier dans dix-huit départements pour changer ce système : « On est en train de concevoir un modèle pour début 2027, afin que les élus aient une lisibilité à cinq ans sur les moyens dont ils pourront disposer. Je ne veux plus qu’un maire apprenne en mars que son école va fermer en septembre. » D’ici à novembre prochain, il compte créer « une direction de la politique territoriale de l’école sera chargée de piloter et d’animer toute cette politique d’aménagement du territoire ».
L’école à l’épreuve des canicules
Alors que la France a suffoqué de mai à août avec des canicules à répétition, dont l’une a perturbé les examens en juin et a poussé certaines écoles à fermer temporairement, comment protéger les élèves qui ont cours dans des classes loin d’être toutes adaptées aux fortes chaleurs ? « Cet été, nous avons lancé un plan d’urgence pour 2 600 écoles et établissements scolaires particulièrement vulnérables, indique Édouard Geffray. On a acheté du matériel mobile ou fixe de climatisation pour équiper au moins une salle. »
Des exigences plus précises pour le bac et le brevet
Alors que sa demande, lancée en mai aux examinateurs, de sévir davantage les fautes de français dans les copies du brevet et du bac n’a pas eu l’effet escompté, le ministre a reconnu qu’il aurait fallu livrer ces consignes plus tôt. « J’ai donc demandé aux inspections générales, dès la semaine de rentrée, de partager aux professeurs des barèmes clairs pour les épreuves. Ils intégreront les attendus sur la maîtrise de la langue dans chaque discipline . » Pour rappel, et contrairement aux années précédentes, les examens du bac et du brevet ne connaîtront aucun changement pour cette année scolaire.
Un questionnaire distribué sur les violences sexuelles
Alors que le milieu périscolaire a été éclaboussé par des affaires d’agressions sexuelles et de viols l’an dernier, et que l’affaire Bétharram avait déjà entaché l’année scolaire 2024-2025, le ministre de l’Éducation veut mieux détecter les violences subies par les élèves : 88 000 signalements ont été transmis par l’école à la justice l’an dernier. « U n crime sexuel, ce n’est pas une statistique, c’est une innocence brisée, une vie très profondément perturbée. Un enfant sur dix en France est victime de violences sexuelles, souffle celui qui a nommé en avril une « défenseure des droits des enfants » au sein de son ministère. Dans le questionnaire anonyme distribué à l’automne dans les classes sur le harcèlement scolaire, nous allons ajouter des questions sur les violences sexistes et sexuelles. De la grande section à la terminale, dix millions d’élèves pourront les signaler. Ils pourront aussi laisser leur nom pour rencontrer un adulte de confiance, s’ils le souhaitent. » Cette politique de protection passera également par les trois séances obligatoires d’éducation à la vie affective et à la sexualité, prévues par le programme Evars, entré en vigueur douze mois plus tôt. Le ministre reconnaît un retard à l’allumage dans le déploiement de cette mesure de l’école au lycée (la sexualité n’est abordée qu’à partir du collège), alors que 62 % des écoliers ont bénéficié de trois séances et seulement 23 % des collégiens et lycéens. « On va demander aux chefs d’établissement et directeurs d’école de planifier les trois séances dès le début d’année. C’est la certitude de pouvoir les organiser », promet-il.