Rentrée scolaire : des pistes sensibles pour relever le niveau des élèves

« Les résultats décevants de nos élèves […] sont aujourd'hui bien documentés », souligne le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) dans une étude sur le niveau scolaire publiée ce lundi, à la veille de la rentrée des 11.607.600 élèves. A une semaine de la publication de l'enquête internationale Pisa de l'OCDE sur les élèves de 15 ans, l'organisme rattaché à Matignon fait des recommandations pour contrer la « dégradation » du niveau des élèves observée au cours des « trente dernières années ». Les auteurs du rapport passent en revue les « défis extérieurs au système éducatif comme la croissance rapide du nombre d'élèves en situation de handicap ou l'omniprésence des écrans ». Ils identifient aussi des défis « plus directement reliés » à l'école, tels que les classes relativement chargées, les rythmes scolaires inadaptés ou les réformes qui s'enchaînent sans avoir été évaluées.
Mise en garde contre l'idée d'importer des recettes
Les auteurs du rapport se concentrent sur les sources de difficulté « spécifiques » à telle ou telle discipline. Comme, au CP, « les méthodes d'apprentissage de la lecture les plus efficaces [qui] restent employées par une minorité d'enseignants ». Ils balaient l'idée de dispenser encore plus d'heures de français et de mathématiques. Les élèves français en ont déjà beaucoup : 1.450 heures de mathématiques entre 6 et 14 ans contre une moyenne internationale de 1.100 heures. Mais les élèves français passent moins de temps que les autres à apprendre à poser une addition. Et les manuels scolaires les exposent « insuffisamment » aux « tâches de raisonnement les plus exigeantes ». A huit mois de l'élection présidentielle, alors que les candidats dévoilent leurs propositions, le HCSP met en garde contre l'idée d'importer des recettes. La Finlande, citée en modèle au début des années 2000, a vu ses résultats aux évaluations Pisa « décliner fortement par la suite », pointe-t-il.
« Poursuivre une baisse ciblée de la taille des classes »
La baisse des effectifs liée à la démographie est vue comme « une fenêtre d'opportunités à saisir », à condition de « poursuivre une baisse ciblée de la taille des classes » et de revaloriser les rémunérations des enseignants. Des enseignants qu'il faudrait « mieux former » et « accompagner tout au long de leur carrière ». Cela passe, selon l'organisme rattaché à Matignon, par « une modification des obligations de service » au collège, « notamment pour rendre opérante l'obligation de formation continue présente dans les textes ». Le sujet est explosif, même si les auteurs du rapport prennent la précaution de préciser qu'il « ne s'agit pas d'augmenter le temps de travail des enseignants ». Leur temps de service en classe est de 18 heures par semaine pour les certifiés et les contractuels, et de 15 heures pour les agrégés. La formation continue est obligatoire mais aucun temps dédié n'est identifié, souligne le rapport. Or, cela « peut devenir un problème lorsqu'il s'agit de favoriser le travail d'équipe ou de développer l'animation pédagogique au niveau de l'établissement ». Pour « construire des collectifs enseignants capables de donner du sens aux difficultés rencontrées », il faut s'attaquer aux « écueils de cette conception très individuelle du métier », suggère le rapport.
Polyvalence des professeurs des écoles
En 2004, lorsque François Fillon était ministre de l'Education nationale, la commission Thélot avait proposé d'allonger le temps de présence des enseignants du second degré dans l'établissement scolaire de 4 à 6 heures, en échange d'une augmentation de leur rémunération. « Cette proposition est restée lettre morte, et la difficulté demeure », souligne la note. Le Haut-Commissariat se penche aussi sur la polyvalence des professeurs des écoles, aujourd'hui généralistes et qui pourraient « expérimenter un certain degré de spécialisation », dans un cycle d'apprentissage ou dans une discipline, à la manière de ce qui se pratique parfois pour l'EPS, l'éducation musicale ou les arts plastiques. Ces échanges de services « ne concernent ni le français ni les mathématiques », regrette le HCSP.