« On forme les agriculteurs de demain » : près d’Angers, l’un des plus gros lycées agricoles accueille 850 jeunes
Le lycée agricole privé de Pouillé, aux Ponts-de-Cé, près d’Angers (Maine-et-Loire) accueille 850 élèves pour les métiers de l’agriculture, de l’horticulture et du paysage. Mais qui sont ces jeunes et à quoi ressemblera la ferme de demain ? Olivier Polard, le nouveau directeur de l’établissement, répond à nos questions. Quelle est la position du lycée de Pouillé en termes d’effectifs ? Cette année, nous avons 850 élèves, près de 100 enseignants, 500 internes. Cela fait de nous l’un des plus gros lycées d’enseignement agricole de l’Ouest de la France. Les élèves viennent plutôt du département et des départements limitrophes. Beaucoup du Segréen, des Mauges et du Baugeois. Nous avons 360 apprentis, dont beaucoup en enseignement supérieur. Et nous avons environ 70 % de garçons et 30 % de filles. De plus en plus de filles intègrent les métiers agricoles mais ils restent encore très masculins. Quelles sont les formations les plus recherchées ? Beaucoup viennent chez nous pour se former à l’agriculture. Nous avons 40 % de nos élèves dans ce secteur, 20 % en paysage et seulement 3 à 4 % en horticulture. Les métiers de l’horticulture, de l’arboriculture et du maraîchage sont des métiers mal connus et pour lesquels on a du mal à recruter du personnel qualifié. Pourtant, il y a de l’emploi. Et cette année, notre filière générale et technologique a fait un bond avec l’ouverture d’une nouvelle formation de vétérinaire et soins animaliers. Quelles sont les motivations des jeunes ? Ils arrivent pour être formés, pour être à leur compte, pour monter leur exploitation. Par contre, ils cherchent des modèles de fonctionnement différents de leurs aînés, pas toujours sur de grosses exploitations. La place du travail a changé. Avant, les gens étaient corps et âme au travail. Aujourd’hui, les jeunes veulent avoir des week-ends, du temps pour eux. Ils sont moins nombreux à être fils et filles d’agriculteurs, environ la moitié de la promotion. Avant ils étaient 80 %. Cette diversité est une richesse pour l’agriculture de demain. Justement, elle ressemble à quoi la ferme de demain ? Il n’y aura pas de ferme type. Il y aura moins d’élevage et plus de polyculture, avec des exploitations aux dimensions plus humaines, tournées vers le marché local et national. On doit répondre à ce marché, nourrir la France. On importe encore beaucoup de produits… Dans les cinq années à venir, on va avoir une importante vague de départs avec le remplacement des générations. C’est une vraie inquiétude. Il va falloir former beaucoup d’agriculteurs. À Pouillé, on forme ceux de demain. Mais il n’y a pas beaucoup d’établissements comme le nôtre. L’enseignement agricole prend-il en compte les transitions agroécologiques ? Il y a un développement de l’agroécologie et une sensibilisation dans les programmes et les référentiels pour produire autrement, vers une culture raisonnée. On utilise moins de traitements et les jeunes vont vers cette évolution. Les machines permettent d’éviter des traitements, la robotisation permet de gagner du temps. Ce n’est pas parce qu’on va vers le matériel high-tech qu’on ne va pas vers le bio ou vers une culture plus raisonnée. Portes ouvertes de l’établissement samedi 28 novembre (9 h-17 h), samedi 16 janvier 2027 (9 h-17 h), et samedi 13 mars (9 h-13 h).