« Notre priorité est la sécurité des élèves » : plusieurs lycées de Maine-et-Loire resteront fermés lundi et mardi
Les parents d’élèves ont été prévenus dans le week-end. Après la mobilisation des lycéens, jeudi 1er et vendredi 2 octobre 2026, marquée par des tensions, des dégradations et des vols, plusieurs lycées publics de Maine-et-Loire resteront fermés ces lundi 5 et mardi 6 octobre 2026. Les enseignements se feront en distanciel.
La décision a été prise « conformément à la concertation mise en œuvre entre tous les proviseurs des lycées du département », explique-t-on au lycée Fernand-Renaudeau, à Cholet, bloqué en fin de semaine dernière, dans une note adressée aux parents.
Au vu de cette situation préoccupante, nous avons décidé samedi [3 octobre] en accord avec les autorités académiques, de ne pas rouvrir complètement l’établissement lundi [5 octobre] comme prévu initialement , confirme également, dans un courriel similaire, le proviseur du lycée Auguste-et-Jean-Renoir, à Angers.
Les enseignants resteront joignables via Pronote
Dans cet établissement, les cours seront maintenus en présentiel, seulement pour les étudiants de BTS ainsi que pour les élèves internes présents dans l’établissement . Ceux qui rencontreraient des difficultés de connexion ou qui ne disposeraient pas, à leur domicile, des conditions nécessaires pour suivre les enseignements à distance , pourront aussi être accueillis.
Les enseignants resteront joignables via Pronote (logiciel de vie scolaire) et communiqueront directement aux élèves les modalités de leur activité pédagogique.
Pas une « volonté de porter atteinte au mouvement lycéen »
Après les incidents graves survenus en marge des rassemblements , notre priorité absolue est la sécurité des élèves et des personnels , confie également, dans un courriel, le proviseur du lycée David-d’Angers. L’organisation retenue ne traduit en aucune manière la volonté de porter atteinte au mouvement lycéen dont certaines revendications méritent d’être entendues , insiste-t-il.
Un professeur syndiqué d’un lycée choletais estime, au contraire, que la fermeture des établissements est un moyen de casser la grève, annoncée pour mardi 6 octobre, au niveau national.
Dans l’établissement angevin, les cours en présentiel sont également suspendus. L’internat restera fermé avec un accueil des internes à partir de mercredi matin. Le lycée Henri-Bergson, à Angers, sera également fermé.
Contactée, la Direction académique des services de l’Éducation nationale en Maine-et-Loire affirme que la majorité des lycées ou cités scolaires publics accueilleront leurs élèves en présentiel complètement ou partiellement.
Je ne décolère pas, rien n’a été anticipé
Aucune liste précise n’a néanmoins été communiquée. Selon la préfecture, jointe ce dimanche midi 4 octobre, chaque chef d’établissement évalue sa situation avec son équipe éducative. Il n’y a pas de consigne à l’échelle départementale. L’approche est menée au cas par cas, avec des échanges constants entre la Direction académique et la préfecture ».
Cette organisation en distanciel est loin d’être optimale, pour le monde enseignant. Les professeurs sont invités à déposer sur la plateforme Pronote des exercices et des consignes de travail, selon le courrier adressé aux parents d’un établissement choletais. Charge aux élèves de les réaliser en autonomie.
On est très éloigné du suivi que l’on peut faire en classe, estime un enseignant. Des visios pourront être organisées selon le déroulement de l’emploi du temps, indique également le message de la direction du lycée.
Je ne décolère pas, rien n’a été anticipé, s’agace une professeure d’histoire-géographie d’Angers, également syndiquée auprès de la Snes. Comme beaucoup de ses pairs, elle a appris la nouvelle samedi soir. Je n’ai pas eu de week-end. Je n’ai fait que me préparer pour lundi. On nous demande de nous adapter sur un temps très court, sur un délai qui ne prend pas compte notre temps de repos.
« Ils montrent leur volonté d’apprendre »
Plusieurs professeurs interrogés s’inquiètent d’ailleurs de savoir si les outils fonctionneront bien, alors que l’Académie se remet doucement de la cyberattaque l’ayant frappé avant la rentrée. Pendant l’épidémie de Covid-19, on avait mis une dizaine de jours pour être au point. Ils n’auront eu, ici, qu’un dimanche.
Déception, incompréhension : pour cet autre enseignant d’histoire géographie, le message envoyé aux élèves n’est pas le bon. Cela montre l’incapacité des adultes à prendre en compte la gravité de leur situation. Dans mon établissement, on perd une classe chaque année, les toilettes doivent régulièrement être réparées et ils sont 35 dans des classes où il fait 35 °C. Ils ne sont pas en rupture avec les enseignements. Ils montrent leur volonté d’apprendre.