Mouvement lycéen : cours en distanciel dans un lycée et interdiction de bloquer dans plusieurs établissements du Mans
Après cinq semaines de mobilisation lycéenne, le lycée Bellevue, au Mans, est toujours perturbé par des blocages de lycéens.
Malgré l’arrêté pris par la préfecture de la Sarthe, jeudi 5 novembre 2026, d’interdire les blocus de deux lycées Bellevue et Yourcenar, un groupe de lycéens a tenté de perturber le fonctionnement de l’établissement ce vendredi matin 6 novembre 2026, en organisant une action dans la cour. On a créé des chaînes humaines et barricadé des portes mais c’était davantage une action symbolique qu’une action pour empêcher les élèves de passer, racontait ce vendredi matin une élève de terminale.
Les cours passent en distanciel jusqu’au 13 novembre
Alors qu’une rumeur indiquait la fermeture prochaine de l’établissement, la direction académique avait infirmé cette information au Maine Libre. Vers midi, les parents d’élèves ont reçu un message de la proviseure, que le Maine Libre a pu consulter, confirmant cette information. Devant la gravité de la situation, j’ai décidé de suspendre les cours aujourd’hui à 12 heures […] À partir du lundi 9 novembre et jusqu’au 13 novembre, les cours seront dispensés en distanciel, l’établissement sera fermé aux élèves pendant cette période », explique la direction dans ce message.
La proviseure conclut son message en indiquant que des mesures disciplinaires seront prises à l’encontre des élèves qui ont porté atteinte au règlement intérieur de l’établissement.
Un constat d’échec
Cette fermeture devenait nécessaire, estime pour sa part Guillaume Chauvel, représentant FCPE des parents d’élèves de l’établissement. On sentait une tension forte entre les élèves bloqueurs et ceux qui souhaitaient aller en cours. Nous avons par ailleurs envoyé un questionnaire aux parents pour savoir ce qu’ils pensaient de la situation. Nous avons eu 40 % de retours et 75 % d’entre eux voulaient que les cours reprennent alors même que plusieurs soutiennent le mouvement lycéen et étaient prêts à négocier avec les bloqueurs pour que l’établissement ne soit fermé, par exemple, qu’une journée par semaine lors des grandes manifestations. Vice-président de la FCPE 72, Fabian Estellano estime de son côté dommage de mettre en place le distanciel dans la mesure où les ordinateurs pour les secondes n’ont pas encore été distribués. Fermer un établissement n’est jamais une solution positive, alerte-t-il. Un sentiment partagé par un enseignant : La fermeture est toujours une constat d’échec. Que va-t-il se passer dans une semaine ? Comment sortir de cette crise ? La situation est anxiogène pour beaucoup, y compris pour les bloqueurs. Révoquer leur mobilisation en n’y voyant qu’un prétexte pour sécher les cours est un leurre. Il faut faire retomber la tension, organiser des temps d’échanges entre élèves, entre enseignants.
La préfecture interdit les rassemblements à Montesquieu
Dans un communiqué de presse, la préfecture de la Sarthe indique de son côté avoir renforcé les dispositifs de sécurité des lycées, notamment en étendant au lycée Montesquieu les arrêtés préfectoraux d’interdiction.