Mobilisation lycéenne : interpellation, police… Ce que l’on sait de l’incident au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis
Le lycée Paul-Éluard de Saint-Denis fait partie des établissements où la mobilisation lycéenne est particulièrement suivie depuis plusieurs semaines. Ce jeudi 15 octobre 2026, des personnels du lycée ont dénoncé une intervention « violente » de policiers dans son enceinte pour y interpeller un élève. Voici ce que l’on sait de cet incident.
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Le lycée bloqué
Le lycée Paul-Éluard, où les élèves sont particulièrement mobilisés depuis le début du mouvement lycéen, a fait l’objet d’un nouveau blocage ce jeudi matin.
La situation se serait tendue en milieu de journée entre les lycéens et les forces de l’ordre, qui auraient alors fait usage de gaz lacrymogène, rapporte Libération . « Des élèves organisaient un nouveau blocus devant l’établissement quand la police a commencé à charger, à gazer, à insulter, à frapper, les jeunes, mais aussi des adultes cherchant à les protéger », ont précisé des personnels de ce lycée de Seine-Saint-Denis à l’Agence France-Presse (AFP).
Un élève se serait alors réfugié derrière les grilles du lycée, où il aurait été immédiatement interpellé par le chef d’établissement.
Un élève interpellé dans le bureau du proviseur
« Le proviseur a convoqué un élève dans son bureau, et a fait entrer la police pour le faire arrêter. Des personnels sont venus massivement s’y opposer, suscitant des réactions violentes de la part de la police, y compris des coups contre des collègues », déplorent des personnels d’éducation dans un communiqué, consulté par l’AFP.
Plusieurs vidéos, transmises à l’AFP, montrent des policiers en civil, dont au moins un est muni d’un brassard police, interpeller un adolescent dans l’enceinte du lycée. Une interpellation à laquelle tentent de s’opposer plusieurs personnels scandant « Libérez notre élève ».
Selon des vidéos visionnées par Libération, l’élève n’aurait finalement pas pu être interpellé, justement en raison de l’intervention de personnels de l’établissement, qui seraient venus s’interposer pour empêcher l’action policière.
La brigade anti-criminalité (Bac) est intervenue dans l’établissement pour interpeller un élève « auteur d’un outrage », après avoir eu l’accord du chef d’établissement, a indiqué de son côté la préfecture de police à l’AFP.
Un chef d’établissement visiblement controversé
Rapidement après l’incident, le syndicat enseignant Snes-FSU 93 a réagi dans un post sur Bluesky. Si le lycée n’est pas nommément désigné, la situation décrite ressemble fortement à celle qui s’est déroulée ce jeudi matin au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis.
Le syndicat dénonce ainsi le comportement d’un proviseur, parlant d’un « chef d’établissement zélé et dangereux » qui « est venu à piéger dans son bureau un élève afin qu’il subisse une exaction par la Bac ».
Le Snes-FSU 93 sous-entend par ailleurs avoir déjà alerté par le passé sur des « dérives autoritaires » de la part de ce chef d’établissement.
L’établissement n’a, pour l’heure, pas réagi au communiqué des personnels de l’éducation, ni aux accusations visant le proviseur.
Un établissement épicentre de la mobilisation
Ce lycée est l’un des plus médiatisés depuis le début du mouvement lycéen il y a trois semaines.
Après cette interpellation, des élèves et des professeurs ont organisé jeudi après-midi un sit-in à l’intérieur de l’établissement, chantant La Marseillaise et réclamant la démission du proviseur, ont rapporté à l’AFP plusieurs enseignants, vidéos à l’appui.
Plusieurs centaines de personnes se sont ensuite réunies devant le commissariat de Saint-Denis pour dénoncer les « violences policières » et la « répression féroce », a constaté une journaliste de l’AFP.
Au total, la police a interpellé quatre individus, selon la préfecture de police de Paris. Deux fonctionnaires de police, ajoute-t-elle, ont été blessés suite à un coup de poing au visage pour l’un et à un coup de pied dans la tête pour l’autre.
Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a fait plusieurs apparitions devant l’établissement ces derniers jours. Des avocats y ont également mené une action en début de semaine pour dénoncer les conditions de garde à vue des lycéens interpellés.
La militante écologiste suédoise Greta Thunberg y est aussi venue manifester mardi en soutien aux lycéens français.