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Lutte contre les algues vertes en Bretagne : sous pression, l’État annonce de nouvelles mesures

Ouest-France · 28/08/2026 · ← revue

Condamné en justice, tancé par un récent rapport de la Cour des comptes sur la prolifération des algues vertes, l’État annonce par voie de communiqué de nouvelles mesures de lutte contre les nitrates. Il le fait sous pression d’une décision du tribunal administratif de Rennes. En mars 2025, les juges lui avaient donné dix mois pour renforcer son action. La préfecture de la Région Bretagne dévoile donc ce vendredi 28 août 2026 les mesures qui entreront en vigueur à compter du mardi 1er septembre 2026. À partir de cette date, un nouveau cadre réglementaire simplifie certaines démarches administratives des agriculteurs et met en place des mesures de terrain pour analyser la teneur des nitrates dans le sol. Ces nitrates d’origine agricole transportés par les cours d’eau restent le facteur majeur de la prolifération des algues vertes. Leur concentration a baissé entre 2010 et 2024 dans les bassins versants concernés par les marées vertes. Ce n’est plus le cas depuis et « l’amélioration de la qualité de l’eau ralentit », ne peut que constater l’État.

Simplification administrative et analyse des sols

Très concrètement, cette nouvelle stratégie, annoncée au cours de l’été, associe la chambre d’agriculture de Bretagne et l’association Eau et rivières de Bretagne. Elle permettra aux agriculteurs de ne plus remplir certains documents administratifs liés à la fertilisation. L’idée est de leur laisser plus d’autonomie dans ce domaine. Des analyses de sols permettront de mesurer l’azote après les cultures. « En cas de résultats insuffisants répétés, des plafonds pourront être adaptés. » Les huit bassins versants et les vasières concernés par les algues vertes ainsi que les captages d’eau présentant de fortes concentrations en nitrates, soit 20 % de la surface agricole bretonne, bénéficieront de règles de préservation. La restauration des zones humides y devient une priorité et un suivi strict de la fertilisation des sols y sera appliqué. Les algues vertes sont apparues pour la première fois sur les plages bretonnes dans les années 1960. « Selon les années, entre 75 et 115 sites sont touchés, et 40 à 50 communes ramassent des algues échouées. Sur les dix dernières années, le volume total ramassé est en moyenne de 50 000 m3 », indique l’Observatoire de l’environnement en Bretagne. La baie de Saint-Brieuc concentre la moitié des échouages en Bretagne. En pourrissant, ces algues dégagent du sulfure d’hydrogène, un gaz mortel en cas d’exposition à de fortes concentrations. En juin 2025, la justice a reconnu le lien entre les algues vertes et le décès d’un joggeur dans les Côtes-d’Armor. Selon un rapport de la Cour des comptes de 2021, cette prolifération d’algues vertes est « à plus de 90 % d’origine agricole », dans une région connue pour ses élevages intensifs. La France en est à son septième programme d’action régional depuis 2010 et des millions d’euros de financements publics, sans avoir réussi à endiguer le problème. Face à ce peu d’efficacité, de nombreuses associations environnementales militent depuis des années pour que le monde agricole change ses pratiques. Les progrès en la matière sont encore insuffisants. En réponse à ces annonces de l’Etat, Eau et Rivières de Bretagne réagit, également par communiqué et ne se montre pas tendre. Même si l’association a été associée aux nouvelles mesures, elle estime que «sortir la Bretagne de ses démons, de ses captages pollués, des marées vertes, de l’érosion et l’imperméabilisation des sols, mais aussi la préparer au mur du dérèglement climatique, nécessitera bien d’autres vertus que de la cosmétique règlementaire»