Revue de presse

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« Le combat n’est pas fini » : dans ce lycée, plus de 250 élèves se sont mobilisés en soutien aux manifestations

Ouest-France · 06/10/2026 · ← revue

Bonjour à tous, aujourd’hui, c’est la manifestation la plus importante. Sur le compte Instagram blocus ldv, tenu par huit élèves du lycée Léonard-de-Vinci de Montaigu (Vendée), depuis le début des mobilisations, le message est clair : Le combat n’est pas fini.

Au plus haut de la manifestation, ils étaient plus de 250 élèves à se rassembler en ce matin du 6 octobre 2026. Ils ont d’ailleurs été rejoints par des élèves du lycée privé Carlo- Acutis (anciennement Jeanne d’Arc). Pour les élèves de Léonard-de-Vinci, c’est surtout l’occasion de soutenir le mouvement de manifestation national des lycéens. Dans notre lycée, ça va, souligne Ewan, un des organisateurs. Je trouve que c’est un bon moyen pour protester contre les suppressions des aides et les conditions de travail difficiles.

Des élèves de plus en plus en détresse

Mélina rappelle pourtant un cas concret qui est arrivé l’an dernier : Une professeure d’économie était arrêtée toute l’année. Elle n’a été remplacée que sur une courte période. C’est clair que pour ceux qui passent le bac en juin, c’est une année de connaissance en moins. Ils ont d’ailleurs, pour beaucoup, raté l’examen de début d’année dans cette matière.

Sur place, une dizaine de professeurs sur les 110 travaillant dans l’établissement, se sont également mis en grève. En fond, de la musique des années 2000 retentit lorsque

Julie Allain, professeure de français et théâtre depuis 17 ans, dévoile ses deux pancartes. C’était le jour où jamais où se mobiliser. Pour leur monter que leur combat est légitime. Nous avons une claire diminution des moyens, et l’été, certaines salles ne sont pas du tout isolées, c’est la cata.

À ses côtés, Marc Forestier professeur des sciences de l’ingénieur souligne une observation, devenue de plus en plus fréquentes ces dernières années. On voit qu’il y a bien plus d’élèves qu’avant en détresse. Ces derniers souffrent énormément d’anxiété de mal-être et de dépression liés à la scolarité. La surcharge des classes, du travail, mais aussi de la pression liée à Parcoursup n’y est pas étranger.

Un peu plus loin, Eric Milon, proviseur de Léonard-de-Vinci depuis huit ans est au soutien de ces élèves. On a facilité leur expression en leur fournissant les porte-voix et l’enceinte pour la musique. Ces manifestations sont positives, elles ont été faites en concertation avec nous. Nous avons régulièrement discuté avec les représentants, et eux non plus ne voulaient pas de violences. Il est aussi important que ceux qui veulent rentrer étudier puissent le faire. Aujourd’hui la moitié des élèves sont en cours.

« Je n’ai que 20 minutes pour manger le midi »

Au fond de la cour, les élèves du lycée Carlo-Acutis viennent d’arriver. Présents sans se joindre à la foule ils sont moins nombreux que prévu. Jules et Axel sont tous deux en seconde. On trouve ça important de soutenir les élèves, mais ce n’est pas notre lycée, c’est difficile de se joindre complètement au mouvement. On n’ose pas s’imposer.

Si une centaine devait venir, ils ne sont finalement qu’une cinquantaine. Au début, on voulait manifester devant notre lycée mais ils nous ont obligés à rentrer et aller en cours. Ceux qui ne voulaient sont venus ici. Le nombre fait la force c’était important d’avoir de la visibilité. Je trouve ça cool de se faire entendre.

Chez les deux compères, les requêtes sont nombreuses : Chez nous, les salles sont très mal isolées. Sur notre temps de repas, il y a le temps d’aller au self qui est très loin. J’ai très souvent 20 minutes pour manger, souligne Jules . Une de nos profs est en congé maternité, elle n’est pas remplacée depuis le début de l’année. On ne sait pas si elle le sera. Il y a aussi des fuites d’eau et des salles avec des flaques dans un des bâtiments…

Le mouvement s’est essoufflé

Tandis que la manifestation s’essouffle, un évènement va le relancer le temps de quelques minutes. Une troupe massive d’élèves se dirige vers le fond de la cour : une poubelle a été incendiée. Tandis que les gendarmes sortent les extincteurs, les lycéens amusés, assistent à la scène. Sur le côté droit de la cour, près du porche, Elena, élève de seconde colorie les pancartes. Si elle soutient la manifestation, elle ne souhaite pas participer activement au mouvement. « On est là pour soutenir ceux qui manifestent mais je n’ai pas envie de m’investir autant. C’est aussi compliqué de se dire qu’on le fait pour les autres parce que nous n’avons finalement pas grand-chose à reprocher à notre lycée. Je soutiens aussi les manifestants parce qu’il n’y a pas de violences en revanche ça ne serait pas le cas s’il y en avait. »

10 h 30 semble être l’heure du chant du cygne de la manifestation. Les quelques élèves encore sur le piquet de grève se sont désormais rassemblés en cercle et chacun peut venir au milieu pour exprimer leurs revendications. Je regrette que l’éducation ne soit pas une priorité pour notre gouvernement, lance le premier. Ce qui me fait un peu chier que certains n’aient pas suivi le mouvement aujourd’hui. On est là pour nos droits, il faut qu’on se rassemble pour nos droits, lance une jeune lycéenne après plusieurs minutes de silence.

À 11 h c’est la fin. Plus tard dans la journée les élèves détenteur du fameux compte Instagram publieront une longue story. Au vu de l’engouement limité d’aujourd’hui nous vous annonçons que nous ne gérerons pas l’organisation demain. Merci à tous d’avoir tenu le coup. Néanmoins, si vous voulez faire un blocus demain, rien ne vous empêche.