La question du jour. Le brevet des collèges devrait-il être obligatoire pour entrer au lycée ?
On a encore beaucoup de travail à faire. Il y a un effritement du niveau notamment sur les années collège depuis maintenant très longtemps , a reconnu cette semaine le ministre de l’Éducation nationale Edouard Geffray. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) établit depuis 2000 ce Programme international pour le suivi des acquis des élèves de 15 ans, plus connu sous l’acronyme Pisa, pour évaluer les compétences en sciences, en mathématiques et en compréhension de l’écrit. La précédente enquête, portant sur l’année 2022 et publiée fin 2023, avait mis en évidence une baisse inédite des performances des élèves après la crise du Covid, à laquelle la France n’avait pas échappé. Si la France se situait toujours dans la moyenne, ses résultats figuraient toutefois parmi les plus bas jamais mesurés par l’OCDE, avec une baisse historique en mathématiques entre 2018 et 2022 et un fort recul en compréhension de l’écrit.
« Instrumentalisation »
Dans la foulée de ces résultats décevants, Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale avant de devenir Premier ministre, avait lancé le plan dit du choc des savoirs , destiné à relever le niveau des élèves. Parmi les mesures phares figuraient la création d’une épreuve anticipée de mathématiques au baccalauréat en Première, dont la première édition a eu lieu en juin 2026, la mise en place de groupes de niveau au collège, finalement assouplie par ses successeurs, ou encore la condition d’obtention du brevet des collèges pour l’entrée au lycée, jamais appliquée. Si l’actuel locataire de la rue de Grenelle a répété à plusieurs reprises qu’il n’y aurait pas de réforme Geffray , il pourrait toutefois faire des annonces après les résultats. Pour Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du second degré, Pisa est devenu un outil politique pour légitimer certaines réformes ou certaines décisions politiques davantage qu’un véritable outil d’analyse du système éducatif . À huit mois de l’élection présidentielle, elle craint une surenchère de l’instrumentalisation des résultats. L’éducation s’est déjà imposée dans la rentrée politique. Plusieurs candidats, dont Gabriel Attal, ont déjà fait du relèvement du niveau scolaire une priorité, en mettant l’accent sur les savoirs fondamentaux, l’encadrement des élèves ou encore la réduction des effectifs par classe. Cette semaine, plusieurs organismes ont également avancé des pistes de réforme. Le Conseil d’analyse économique estime qu’un investissement annuel de quatre milliards d’euros dans la formation continue des enseignants, le tutorat des élèves en difficulté ou encore la réduction de la taille des classes permettrait de relever sensiblement le niveau. Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan préconise lui aussi des classes moins chargées, une meilleure rémunération des enseignants et davantage de pratiques pédagogiques fondées sur les résultats de la recherche.
3 heures de test
Pisa a, dans un premier temps, consacré les pays nordiques comme les bons élèves, la Finlande en tête. Quand le nombre de participants s’est élargi, plusieurs pays asiatiques ont brillé. Lors de la dernière édition, Singapour caracolait une nouvelle fois largement en tête, suivi du Japon, de la Corée du Sud, Taïwan ou encore Macao. Après avoir mis l’accent l’an dernier sur les mathématiques, la neuvième édition publiée mardi a retenu comme dominante la culture scientifique, que l’on pourra comparer à celles de 2006 et 2015. En 2025, près de 760 000 élèves nés en 2009 issus de 91 pays et territoires ont participé à l’enquête, dont quelque 8 000 en France. Réalisée sur ordinateur, elle évalue leur capacité à mobiliser leurs connaissances dans des situations de la vie quotidienne à travers une série d’exercices durant environ trois heures.