Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

La masse salariale va continuer d'augmenter dans les collectivités locales

Les Échos · 06/10/2026 · ← revue

Par Laurent Thévenin

L'état de forme financier des collectivités locales va être plus que jamais scruté de près au moment où l'Etat leur demande un effort de 5,5 milliards d'euros dans le projet de loi de finances pour 2027 afin de participer au redressement des comptes publics. Selon La Banque Postale, l'année 2026 est « en demi-teinte » pour les finances locales. D'après sa traditionnelle note de conjoncture présentée ce mardi, l'épargne brute - c'est-à-dire le solde entre les dépenses et les recettes de fonctionnement - devrait progresser de manière « mesurée » cette année, de l'ordre de +1,5 %, à 44,8 milliards d'euros. Sans que cette capacité d'autofinancement « ne retrouve le niveau atteint en 2022 [46,3 milliards d'euros, NDLR] », comme l'a souligné Luc Alain Vervisch, directeur des études et de la recherche de La Banque Postale, lors d'une conférence de presse.

Hausse de la dette

L'épargne brute devrait être « quasiment stable » pour le bloc communal (+0,1 % pour les communes et -2,2 % pour les intercommunalités). Elle est attendue en hausse pour les départements (+3,6 %) comme pour les régions (+5,3 %), mais « pour des raisons essentiellement conjoncturelles », insiste La Banque Postale. D'après ses prévisions, les recettes de fonctionnement devraient faire preuve d'un « relatif dynamisme », avec une progression de 2,1 %, à 289 milliards d'euros, proche de celle de 2025. Après « un très net ralentissement » l'an dernier dans un contexte de faible inflation, les dépenses de fonctionnement devraient être « en légère accélération » en 2026 (+2,2 %, à 244 milliards d'euros). Soit « un rythme proche de la hausse des prix estimé par le gouvernement (+2,1 %) », glisse La Banque Postale. La masse salariale va continuer d'augmenter (+2,3 %, après +2,2 % en 2025), du fait notamment de la hausse des cotisations employeurs à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL). Classiquement orientées à la baisse en année d'élections municipales, les dépenses d'investissement devraient diminuer « moins qu'on aurait pu le penser », signale Luc Alain Vervisch. « Il semble que dans des intercommunalités un certain nombre de grosses opérations se soient débouclées sur les premiers mois de 2026 », observe-t-il. A 78 milliards d'euros (-2,6 %), l'investissement devrait « se maintenir à un haut niveau », selon La Banque Postale.

« Seuils un peu préoccupants »

Les emprunts atteindraient, eux, « le niveau non négligeable de 27,8 milliards d'euros » cette année. Résultat, l'encours de dette des collectivités locales devrait encore augmenter (+3,4 %, à 230 milliards d'euros à fin décembre). Soit à « un rythme un petit moins élevé qu'en 2025, mais dans des conditions qui restent maîtrisées », estime Luc Alain Vervisch. Il en veut pour preuve que la capacité de désendettement des collectivités locales prises dans leur ensemble est « quasiment identique à celle de l'année dernière ». Il n'en reste pas moins qu' « une quantité non négligeable de collectivités locales commencent à se rapprocher de seuils un peu préoccupants », observe Luc Alain Vervisch. Selon lui, « entre un sixième et un cinquième des communes seraient dans une situation un peu tendue. » Ce serait également le cas de « deux ou trois régions et collectivités territoriales uniques », ainsi que d'une « vingtaine » de départements. Au total, le besoin de financement des collectivités locales « s'atténuerait » en 2026 tout en restant « élevé » (-7,6 milliards d'euros, contre - 10,3 milliards l'année précédente).

Laurent Thévenin