Incendie du lycée Mandela à Nantes : pourquoi la reprise en présentiel le 16 novembre inquiète autant les parents
Près d’un mois après l’incendie qui a frappé le lycée Nelson-Mandela à Nantes, la date de réouverture fixée au 16 novembre suscite des interrogations chez des parents d’élèves. La FCPE demande davantage de garanties sur le retour en présentiel et sur l’organisation de la vie quotidienne des lycéens.
Que dit la Région sur la réouverture du lycée ?
Dans un courrier daté du 28 octobre, la Région Pays de la Loire indique que la réouverture de l’établissement est prévue le lundi 16 novembre prochain pour les élèves des filières générales, technologiques et professionnelles. Elle précise que les travaux d’urgence ont débuté le 21 octobre, avec notamment le nettoyage des espaces, la vérification des réseaux, la protection de la toiture et des façades ainsi que la préparation du passage de la commission de sécurité. La collectivité assure également que les équipes de la Région restent pleinement mobilisées pour permettre le retour des élèves au lycée le 16 novembre.
La crainte des aléas du chantier
Dans un message envoyé à la presse, le conseil local FCPE estime que cette date demeure incertaine au regard de l’ampleur du sinistre. Les représentants de parents soulignent qu’une date de réouverture d’un grand bâtiment ERP (Établissement recevant du public) après un sinistre est fortement soumise à des aléas de chantier et des commissions de sécurité. Ils craignent que les élèves restent à distance plus longtemps que prévu. On ne veut pas que la scolarité de nos enfants soit jouée aux dés, écrivent-ils. Selon eux, une semaine de plus sans cours en présentiel, c’est déjà une semaine de trop.
L’option envisagée par la ville de Nantes leur semblait un bon compromis : On sait que la Ville de Nantes avait proposé à la Region ses préfabriqués pour mettre en place un Campus Mandela.
Mais selon André Martin, vice-président en charge des lycées à la Région : Il aurait fallu en installer 60 pour accueillir tous les élèves et les raccorder aux réseaux, mais aussi prévoir un accès aux sanitaires et un espace pour la restauration.
Une continuité pédagogique jugée insuffisante
C’est l’une des principales critiques formulées par la FCPE. Les parents jugent que l’organisation actuelle ne permet pas de remplacer efficacement les cours en présentiel. Ils évoquent 2 heures de sport et 2 heures de vie de classe par semaine, et quelques visios, estimant que ça n’est pas une continuité pédagogique.
La Région rappelle de son côté avoir proposé 116 créneaux de deux heures dans les locaux de l’Hôtel de Région afin de permettre à chaque classe de bénéficier de temps en présentiel, leur répartition relevant ensuite de l’organisation du lycée.
La FCPE indique également avoir demandé au rectorat un rendez-vous sur la question de la continuité pédagogique et du retour des enseignements de spécialité en présentiel à partir du 2 novembre.
Quelles questions restent en suspens ?
Les parents s’inquiètent notamment de l’absence de précisions concernant la restauration scolaire.
Dans son courrier, la Région reconnaît que la restauration et l’internat sont situés dans la zone la plus touchée par les dégâts et précise qu’elle examine toutes les solutions envisageables. Une nouvelle communication est annoncée dans la première quinzaine de novembre.
Concernant l’internat, la collectivité indique que des places ont été trouvées dans d’autres établissements et qu’un travail est en cours pour organiser leur répartition. Des discussions ont également été engagées avec Nantes Métropole pour les transports des internes.
La FCPE estime que ces incertitudes pèsent sur les familles, notamment celles des élèves internes, des sections sportives ou des classes à horaires aménagés.
La santé mentale des élèves
Les représentants de parents indiquent soutenir la demande formulée par les lycéens d’un accompagnement psychologique régulier au sein des classes tout au long de l’année.
Selon eux, les conséquences de l’incendie, l’éloignement du lycée et l’enseignement à distance font peser des risques de décrochage scolaire et de difficultés psychologiques pour une partie des élèves. À ce stade, ils indiquent ne pas avoir obtenu de réponse à cette demande d’accompagnement renforcé.