« Ils savent ce que c’est faire des concessions » : à Loudéac, un lycée labellisé pour l’accueil du sport de haut niveau
Le lycée Fulgence-Bienvenüe, à Loudéac (Côtes-d’Armor), a reçu le label établissement d’accueil du sport de haut niveau, mardi 3 novembre 2026. Il permet aux jeunes du pôle espoir de concilier leur réussite scolaire tout en misant sur le sport.
Emplois du temps aménagés et cours à rattraper
Nos emplois du temps sont aménagés pour que l’on aille s’entraîner le mardi matin et le jeudi matin, pendant que nos camarades sont en cours, que l’on s’engage à rattraper, explique Pierre Riou, élève en terminale. Il a rejoint le lycée alors que la section faisait sa deuxième rentrée et a vu une évolution dans les pratiques. Certains professeurs sont très compréhensifs, même les personnels notamment avec la nourriture, on nous autorise à aller se resservir, on a des protéines au petit déjeuner, énumère-t-il.
Quand il y a la coupe de France le week-end, de l’autre côté du territoire, qu’ils reviennent le dimanche et qu’ils ont un devoir sur table le lundi matin, évidemment que c’est difficile, explique François Tallandier, professeur d’EPS en charge du suivi scolaire des cyclistes, qui concède que certains collègues ont une méconnaissance de cet univers du haut niveau.
« Éviter de les mettre en difficulté »
Certains enseignants les aident pourtant à rattraper leurs cours et les accompagnent s’ils n’ont pas compris certaines notions. Je mettrai toujours la réussite scolaire avant, reprend Quentin Guedon, directeur du pôle espoir et entraîneur au Vélodrome de Bretagne. C’est lui qui sélectionne les jeunes qui pourront rejoindre ce pôle espoir et l’internat de Fulgence-Bienvenüe. C’est un choix très difficile, cette année j’avais cinq places pour une cinquantaine de demandes qui venaient de partout, d’Outre-Mer et d’autres régions métropolitaines. Car au total, les sportifs peuvent être douze, même s’ils ne sont que onze cette année, avec le départ de Nahel Belhadj au pôle France.
Le lycée a un droit de regard sur ces candidatures. Leur entrée au pôle espoir est importante, mais ils savent ce que c’est de faire des concessions, parce qu’ils doivent gérer sur deux tableaux, et ça, ce n’est pas nouveau pour eux, abonde François Tallandier. Un jeu qui doit aussi se faire avec les emplois du temps et les choix des spécialités avec lesquels il faut jongler. On essaie de ne pas leur faire rater leurs spécialités, pour éviter de les mettre en difficulté.