« Il n’y aura plus rien ici » : à Thouars, l’école de Missé va fermer, ouvrant la voie à de nouvelles transformations
Loin, l’époque où les écoles de Taizé-Maulais et de Missé comptaient quatre classes chacune. C’était il y a plus de 35 ans. Regroupée avec celle de Taizé, l’école de Missé (commune déléguée de Thouars), qui ne compte plus qu’une classe, fermera d’ici la rentrée 2027. Le scénario, dans les cartons depuis plusieurs mois »,a été confirmé lors d’une réunion mercredi 4 novembre, devant 25 parents d’élèves, par les maires de Thouars et de Plaine-et-Vallées et les maires délégués de Missé, Taizé-Maulais et Saint-Jouin-de-Marnes. L’objectif de l’Éducation nationale est de supprimer les classes uniques, a souligné Bernard Paineau, maire de Thouars. Pour Missé, nous avons réussi à obtenir péniblement qu’elle ne ferme qu’en 2027.
Fin du RPI Missé-Taizé
Cela signera la fin du Regroupement pédagogique intercommunal (RPI). Il avait été créé pour sauver l’école de Missé, a rappelé Fabien Fort, maire délégué. Chacune des communes va ainsi se recentrer sur son territoire, dit Bernard Paineau. La future ex-école sera transformée en garderie. De manière durable, pas juste pour cinq ou six ans, a-t-il assuré.
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Pour la suite de la scolarité, plusieurs scenarii ont été étudiés, en lien avec le rectorat. Nous avons écarté l’hypothèse des écoles de la ville centre, puisqu’à Missé, on est plutôt tourné sur une école de campagne. On a écarté aussi Saint-Jean-de-Thouars parce qu’il faudrait dissoudre un RPI pour en créer un autre, ainsi qu’un SIVU (Syndicat intercommunal à vocation unique). On ne va pas faire un RPI quand on a la solution dans la commune.
Vers Mauzé et Taizé
Les parents se verront logiquement proposer d’inscrire leurs enfants à Taizé, dont les bâtiments ont les capacités d’accueillir la classe (et même deux supplémentaires). Mais aussi à Mauzé-Thouarsais. L’idée vient de l’Éducation nationale, pas de moi », a précisé plusieurs fois Bernard Paineau, souhaitant ôter toute suspicion de favoritisme comme ancien maire de Mauzé. Cela n’a pas empêché la surprise des concernés. L’option ne correspond pas à la consultation interne réalisée par l’Association des parents d’élèves (APE) : une courte majorité des exprimés souhaitait un maintien à Missé plutôt qu’à Taizé et, en cas de suppression de Missé, une majorité plus large désignait Taizé comme solution de report.
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Pas l’unanimité non plus entre les deux communes. Ça ne marchera pas, je pense qu’on va dans le mur. Il faut avoir la volonté des parents », a estimé Alain Blot, maire de Plaine-et-Vallées. En perdant potentiellement la moitié des effectifs au profit de Mauzé, l’école de Taizé va perdre une classe, c’est quasi sûr, passant de trois à deux. Si on n’a pas cette troisième classe, cela ferait deux classes et huit niveaux, ce n’est pas entendable pour les enseignants.
Transport
Reste la question du transport. Les municipalités ont obtenu de la Région (qui en a la compétence) qu’elle puisse assurer deux transports depuis Missé, pour Taizé et pour Mauzé, à la condition d’un minimum de quatre élèves. Le temps de trajet (pour les plus éloignés, 43 minutes de trajet pour Mauzé, 36 minutes pour Taizé) a fait réagir. D’où la crainte de fuite vers d’autres écoles, notamment la privée Saint-Charles.
« Garanties » exigées
Si on subit les décisions de l’Éducation nationale, on peut aussi être exigeants dans l’autre sens, a assuré Bernard Paineau. Dans les jours qui viennent, les municipalités de Thouars et de Plaine-et-Vallées enverront un courrier à la Direction académique des services de l’Éducation nationale pour demander des garanties sur le maintien du troisième poste d’enseignant (trois classes). Pour un minimum de trois ans, estime Alain Blot. L’école de Taizé va avoir besoin d’une rénovation. Mais c’est compliqué d’engager un gros budget si on nous dit qu’on va fermer une classe. Et de citer aussi la climatisation. On veut en mettre, mais il faut savoir combien.
Sentiment d’abandon
Certains parents misséens ont fait part d’une forme de sentiment de déclassement. Ce sera la première commune déléguée sans école. Pour nous, c’est la mort de la commune. On touche Thouars, on paie les impôts de Thouars. À Mauzé, vous avez toutes les structures, nous n’avons plus rien, a dit une mère.
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Comme pour remettre l’église au milieu du village, Fabien Fort, maire délégué de Missé, a donné quelques chiffres. Il y a 52 enfants de Missé qui sont scolarisés. Mais seulement une vingtaine à Missé. Si on avait 52 enfants à Missé, on n’en serait pas là aujourd’hui. La problématique est la même à Plaine-et-Vallées, où bien des enfants sont scolarisés dans des écoles extra-communales, ont souligné les élus. Bien qu’en théorie, l’accord de la municipalité de la commune de résidence soit obligatoire.
Plaine-et-Vallées : le RPI des Cinq villages « en grand danger »
La situation du RPI Taizé-Missé est loin d’être le seul dossier sur la table de Plaine-et-Vallées. La commune aux trois RPI craint aussi pour celui dit des Cinq villages, basé à Saint-Jouin-de-Marnes et qui accueille des enfants d’Availles-Thouarsais, Irais, Marnes et Saint-Généroux. Avec ses 28 élèves répartis en deux classes (maternelle et élémentaire), il est en grand danger, note Alain Blot. Le RPI d’Oiron – Pas-de-Jeu, lui, ne serait pas en péril dans l’immédiat. La commune lance actuellement une vaste étude pour imaginer sa future organisation scolaire et périscolaire à l’horizon 2030.