Horaires, carte scolaire, calendrier des épreuves, téléphone portable… Les dix nouveautés de la rentrée des écoles, collèges et lycées

Plus de 11,6 millions d'élèves, de la petite section de maternelle à la terminale, s'apprêtent à retrouver les bancs de l'école ce mardi. Tour d'horizon des 10 points clés de cette dernière rentrée scolaire de la décennie Macron. . Face à la crise démographique, une carte scolaire repensée C'est la rentrée pour 11,6 millions d'élèves, soit 161.500 de moins que l'an dernier. Face à la crise démographique, les expérimentations d'une carte scolaire conçue sur trois ans, testées dans 18 départements, sont généralisées. « On ne peut plus regarder la route à un an », affirme le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray. Aucun maire ne devra plus découvrir au mois de mars les ouvertures ou les fermetures du mois de septembre. » . A Toulouse et à Nantes, la trace des piratages La préparation de la rentrée a été compliquée dans les académies de Nantes et de Toulouse, plusieurs semaines après la cyberattaque qui a touché le ministère de l'Education nationale. Le ministère a assuré que les paies seraient versées « dans les délais usuels », coupant court aux rumeurs. . Les classes à horaires aménagés en maths et en sciences généralisées Il y en avait 30 l'an dernier. Il y en aura 300 cette année. Les classes à horaires aménagés en mathématiques et en sciences (CHAMS) se généralisent. Elles proposent aux collégiens de 4e et 3e un enseignement scientifique renforcé pour consolider et approfondir leurs connaissances en mathématiques, en sciences de la vie et de la Terre, en physique-chimie et en technologie. Les élèves expérimentent et analysent les résultats de leurs projets avec des chercheurs, des ingénieurs, des étudiants ou des professionnels chargés de mettre en application les apprentissages disciplinaires. . Enseignants : de nouveaux lauréats titulaires d'un bac + 3 La réforme de la formation initiale a déplacé les concours en fin de licence pour élargir le vivier des candidats, alors que jusqu'à l'an dernier, il fallait un master pour les passer. Plusieurs milliers de nouveaux lauréats rejoignent l'Education nationale, après avoir décroché le concours post-licence. Ils seront formés dans de nouveaux masters enseignement et éducation (M2E). En M1, ils seront élèves fonctionnaires et feront « une période d'observation et de pratique accompagnée de 12 semaines » pour une rémunération d'environ 1.400 euros net par mois. En M2, ils seront fonctionnaires stagiaires et effectueront « un stage en responsabilité devant élèves à mi-temps de 18 semaines ». Leur rémunération sera d'environ 1.800 euros net par mois. . Les calendriers du brevet et du bac évoluent Après les critiques du mois de juin sur les épreuves qui se déroulaient l'après-midi en pleine canicule, le ministère a annoncé qu'elles auraient toutes lieu le matin à partir de juin prochain - hormis quelques épreuves de la voie professionnelle qui se déroulent sur la journée. « Si l'intention est d'imposer une organisation 'oraux le matin/cours l'après-midi' ou 'cours la journée et correction de copies le soir, la nuit et les week-ends', c'est une provocation », s'agace le SNES-FSU, principal syndicat du secondaire, qui demande la suspension des mesures et la reprise des négociations. . Violences sexuelles et sexistes : un questionnaire contre « une réalité monstrueuse » Les élèves de la grande section de maternelle à la terminale pourront s'exprimer sur les violences sexuelles dont ils auraient été victimes - à l'école ou ailleurs - lors de la passation du questionnaire annuel de lutte contre le harcèlement. Il sera complété par des questions sur les violences sexistes et sexuelles et adapté à chaque âge. Les élèves pourront donner leur nom et leur prénom « s'ils souhaitent en parler à un adulte de confiance ». Les infirmières scolaires, médecins, psychologues de l'Education nationale seront « mobilisés pour accueillir leur parole et les orienter », promet Edouard Geffray qui s'attend à des résultats « systémiques » au regard des chiffres de la Ciivise : « Lorsque vous entrez dans une classe, 2 à 3 enfants ont été victimes de viols ou d'agressions sexuelles, à plus de 85 % des cas dans le cercle familial. C'est une réalité monstrueuse. » . L'interdiction du téléphone portable au lycée « Nos adolescents passent en moyenne 4 heures 40 par jour sur les écrans, alerte Edouard Geffray. A l'échelle d'une année, ils passent plus de temps devant leur téléphone qu'en cours. » Le Conseil constitutionnel a censuré la loi sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, mais l'interdiction du téléphone portable au lycée s'appliquera bien en cette rentrée. « Pour la première fois, les élèves français vont avoir une scolarité complète sans téléphone », se félicite Edouard Geffray tout en admettant qu'elle « va être un petit peu difficile à respecter au début ». « Aucun argument sérieux ne permet de soutenir qu'un téléphone soit indispensable en cours, quand les écrans fragmentent l'attention, perturbent le sommeil et appauvrissent les relations sociales », ajoute-t-il. . Le décret sur les parents violents Le décret publié cet été a suscité de vives réactions. Il permettra de changer d'affectation un élève dont les parents feraient peser une menace grave sur les personnels éducatifs. « Je refuse qu'un professeur puisse être molesté le vendredi et qu'il doive, le lundi matin, ouvrir la grille avec un sourire égal aux parents qui l'ont molesté ou menacé de mort le vendredi soir, insiste Edouard Geffray. Ce n'est pas possible. » L'élève concerné fera l'objet d'un « suivi renforcé ». . Des cours à distance en cas d'absence d'un professeur A la rentrée 2026, « Program'cours est mis à disposition de tous les collèges », indique le site Internet du ministère. Ce dispositif du Centre national d'enseignement à distance (CNED) donne aux établissements « une solution nationale identifiée et directement mobilisable lorsqu'un professeur est ponctuellement absent ». Le dispositif de ces séances existe en réalité depuis 2024. L'Education nationale proposera donc, de la 6e à la 3e, plus de 400 séances d'une heure, en français, mathématiques, histoire-géographie et enseignement moral et civique. En cas d'enseignant absent, « la classe peut être accompagnée par un professeur ou un assistant d'éducation », précise le ministère. . Des mesures spécifiques pour les collèges les plus en difficulté Le dispositif des 800 collèges les plus en difficulté, dans lesquels 40 % des élèves ont obtenu moins de 8 sur 20 en français et en mathématiques aux épreuves du brevet, est conforté. Les enseignants bénéficieront de deux journées banalisées par an pour travailler en équipe, et toutes les demandes de formation y seront satisfaites.