Revue de presse

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« Escalade », « constat d’échec », « profs choqués » : les réactions après la fermeture d’un lycée miné par les blocages

Ouest-France · 06/11/2026 · ← revue

Ça se passe bien. Dixit un officier de police et un prof syndiqué. 8 h, vendredi 6 novembre 2026. Devant le lycée Bellevue, une douzaine de policiers s’assurent que l’arrêté préfectoral interdisant tout rassemblement devant l’établissement est respecté. Objectif : éviter un blocage. Et les tensions qui vont avec. De fait, l’accès est calme et libre à l’extérieur. Mais pas à l’intérieur.

Entrée en cours par l’issue de secours

Une fois dans le lycée, les portes de l’accueil et d’autres entrées étaient bloquées, des élèves faisaient une chaîne humaine. Des profs ont réussi à nous faire rentrer par des issues de secours, raconte Alexandre (prénom d’emprunt), 16 ans. Sur une vidéo que Ouest-France a pu consulter, on voit également des élèves investir l’amphithéâtre du lycée pour y clamer leurs revendications. Et y tenir ensuite une assemblée générale.

Accès intérieurs bloqués et débloqués

Les élèves bloqueurs ont bloqué les accès intérieurs, confirme Sylvie Criscolo, proviseure du lycée dans un message interne. Nous avons fait entrer un très grand nombre d’élèves par différentes portes et les cours ont pu se dérouler, dès lors que les professeurs étaient en mesure de les dispenser, certains ayant été très choqués.

Le personnel de la Région « évacué devant le danger »

Devant la gravité de la situation, la proviseur a décidé la suspension des cours pour l’après-midi. D’autant que la cantine était fermée. Motif ? La région a évacué ses personnels devant le danger encouru, indique le message de la proviseure. Quel danger ? Contactée, la direction ne souhaite pas répondre. Mais annonce que, du lundi 9 au vendredi 13 novembre, l’établissement sera fermé. Et les cours dispensés en distanciel.

« C’est du flicage »

Des mesures disciplinaires seront prises à l’encontre des élèves qui ont porté atteinte au règlement intérieur, ajoute la proviseur dans son message. De quoi faire tousser des parents d’élèves. Comme Charlotte, dont le fils est en Terminale : Les absences liées au blocage sont notées dans Pronote avec le motif « grève ». C’est du flicage. Si ça apparaît dans le dossier Parcoursup, ça pose question. Pour cette maman, la décision de la proviseur est choquante : C’est l’effet muselage de la jeunesse.

« Un constat d’échec »

De leur côté, les enseignants se sont réunis de midi à 14 h 30. Les termes employés par la proviseure sont forts. Nous n’avons pas été consultés, on ne comprend pas la raison de ce choix. Ce qui est sûr, c’est que c’est un constat d’échec, estime Julia (prénom d’emprunt), enseignante, qui, au nom de l’équipe voit dans cette fermeture l’aboutissement d’une escalade. Et appelle à un changement de stratégie pour plus de dialogue et d’apaisement.

« C’est déprimant »

En attendant, le distanciel ne réjouit pas Alexandre : On est seul dans sa chambre, on ne voit pas les copains. Même frustration dans la bouche d’Antoine (prénom d’emprunt), 16 ans également : Toute la journée devant un ordinateur, c’est déprimant. Sébastien, prof de maths, déplore également cette issue : Certains élèves n’ont pas d’ordinateur. Cette décision va bousculer la continuité pédagogique. C’est vraiment un échec. De son côté, la Direction des services departementaux de l’éducation nationale fait savoir : Un point sur l’évolution de la situation sera fait en fin de semaine prochaine pour évaluer les conditions d’une reprise en présentiel en toute sécurité.