En Ille-et-Vilaine, cette nouvelle école, à peine ouverte, est déjà confrontée à la baisse de la natalité
Ils ont voulu vérifier. Au pic de la canicule, qui a entraîné la fermeture des deux écoles publiques de Bain-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), les élus ont visité le nouvel établissement en cours de construction. Nous voulions voir comment le bâtiment réagissait aux fortes températures », explique Soazic Blouin, la maire. Bonne nouvelle, « il faisait bon, rien à voir avec les autres écoles ».
La maire l’assure, les élus n’ont pas attendu la canicule de l’été 2026 pour réfléchir à l’adaptation des nouvelles constructions au réchauffement climatique. Même si les événements des derniers mois ont rappelé l’urgence de la situation.
Nous misons beaucoup sur cette école, confirme Soazic Blouin. L’édile détaille le cahier des charges : L’isolation a été réalisée avec des matériaux biosourcés. Une ventilation naturelle a été mise en place. Un système avec des cheminées de lumière permet d’apporter de la clarté dans les classes sans les réchauffer. Les grands arbres du site ont été préservés. Les cours ont été largement végétalisées. Des brises vues ont été installés sur les fenêtres côté sud, ainsi que des pergolas. » Un dispositif centralisé permet également d’aérer les classes du premier étage, la nuit.
Que faire des classes vides ?
Après deux ans et 10,4 millions d’euros de travaux, les 210 élèves de l’ancienne école Henri-Guérin vont faire leur rentrée dans le nouvel établissement après les vacances de la Toussaint. Ils n’occuperont que neuf des quinze classes prévues dans le bâtiment de 2 700 m². Et les six autres ? Deux serviront à des dispositifs d’enseignement spécialisé et quatre restent disponibles.
Il y a dix ans, quand le projet a été conçu, il intégrait une augmentation naturelle de la population, rappelle l’élue. Mais les courbes démographiques se sont inversées. Nous avons la chance, à Bain, de continuer à gagner des habitants pour juguler cette baisse des naissances. Mais quid de demain ? Je n’exclus pas, dans dix ans, qu’il soit nécessaire de réunir nos deux écoles sur le même site.
Au-delà du réchauffement climatique, c’est l’autre défi majeur auquel font face les communes. Comment adapter leurs écoles à une démographie déclinante ? Selon les derniers chiffres de l’Éducation nationale, la baisse de la natalité devrait entraîner une diminution de 1,6 million d’écoliers d’ici 2035.
En Ille-et-Vilaine certaines communes sont déjà dans des situations délicates. À Bruz, qui a connu six fermetures de classe en trois ans, la baisse de la natalité conjuguée au ralentissement des constructions pose un point d’interrogation majeur sur le futur de la nouvelle école. Faute d’élèves, l’ouverture pourrait prendre un retard considérable selon le maire. Le chantier a coûté onze millions d’euros.
Dans ce contexte, les communes vont devoir faire preuve d’imagination pour remplir des écoles qui se retrouvent parfois surdimensionnées. À Bain, les élus veulent faire de ce problème une solution : « Comme nous manquons de salles pour les associations, nous allons proposer à certaines d’utiliser les classes vides. Nous allons d’abord viser celles qui ont un caractère éducatif et culturel. »