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En Ile-de-France, les collectivités locales multiplient les initiatives pour alléger le coût de la rentrée scolaire

Les Échos · 31/08/2026 · ← revue

Cahiers à grands ou petits carreaux, stylos, trousses, cartables… A quelques jours de la rentrée scolaire, la traditionnelle liste de fournitures revient peser sur le budget des familles. Et même si selon les derniers chiffres, la facture s'est allégée (environ 488 euros par foyer selon l'enquête Cofidis-CSA Research), septembre reste un mois « compliqué ». Pour les ménages éligibles, l'allocation de rentrée scolaire (ARS) constitue un amortisseur mais, sur le terrain, certaines communes, toutes couleurs politiques confondues, mettent aussi la main au cartable. Kits de fournitures, tenues, cantine ou transports : chacune sa formule, avec des budgets et des ambitions très variables pour soutenir le pouvoir d'achat et réduire les inégalités devant l'école. Quelques exemples, loin d'être exhaustifs. Dans les Hauts-de-Seine, la ville de Puteaux fait partie des précurseurs, distribuant « depuis une quinzaine d'années » précise-t-elle, des fournitures scolaires. Pour cette rentrée 2026, elle double le nombre d'écoles concernées, de quatre à huit. Au total, quelque 4.000 enfants de la commune, y compris ceux scolarisés ailleurs, recevront un cartable garni, adapté à leur niveau scolaire. Les élèves de maternelle sont aussi concernés.

Blouses, polos ou cardigans

Ici, la ville ne s'arrête pas aux crayons puisque 2.000 enfants bénéficient aussi d'une tenue commune : deux blouses pour les maternelles ; polos, sweat-shirts et cardigans pour les élèves des classes élémentaires. Lancée il y a deux ans dans le cadre de l'expérimentation nationale de la tenue commune (ou uniforme), l'opération se poursuit à Puteaux malgré les incertitudes entourant l'avenir de ce dispositif. Coût pour la collectivité cette année : 200.000 euros.

Un marqueur local

A Nanterre, les élèves des écoles élémentaires reçoivent eux aussi gratuitement leurs fournitures. Deux kits, élaborés avec les directeurs et les représentants des parents d'élèves et dont la réalisation est confiée aux travailleurs en situation de handicap de l'ESAT de la ville sont proposés selon le niveau scolaire. « Nous refusons que la rentrée soit une source d'angoisse. Chaque famille doit pouvoir la préparer sereinement, sans avoir à choisir entre les fournitures scolaires et les dépenses essentielles du quotidien », explique Raphaël Adam, maire (divers gauche) de Nanterre. Même logique à Châtillon, où la distribution gratuite existe depuis 2021. La commune y consacre 50.000 euros, « avec un contenu qui évolue chaque année, en fonction de l'âge, des besoins et des retours des parents d'élèves et professeurs » précise Nadège Azzaz, maire socialiste de la ville. L'opération est aux couleurs de la mascotte de la commune, une peluche orange, « un marqueur très apprécié » selon l'édile.

Des politiques à géométrie variable

Ailleurs en Ile-de-France, des mesures de soutien à l'entrée à l'école se développent également. Paris indique ainsi « mettre en oeuvre des engagements annoncés ces derniers mois pour protéger le pouvoir d'achat des familles, renforcer la protection des enfants et améliorer leurs conditions d'accueil ». La ville cible notamment les 13.000 élèves de CP de ses écoles publiques qui reçoivent chaque année un kit gratuit représentant, pour la collectivité, un coût de 250.000 euros. « Plus de 17.000 enfants issus de familles modestes vont bénéficier de la gratuité de la restauration, dans les écoles, les collèges et les jardins d'enfants. Au total, la Ville prendra en charge 2,5 millions de repas par an » précise la mairie. En outre, « deux bilans de santé gratuits seront proposés à chaque enfant pendant sa scolarité en maternelle ». A Saint Denis-Pierrefitte (Seine-Saint-Denis) la mairie indique, quant à elle, distribuer « 10.000 kits aux élèves du primaire, représentant un montant de 170.000 euros ». Et de souligner l'existence d'autres mesures : « la commune rembourse intégralement le Pass Imagine R Junior des 4-11 ans et a instauré la gratuité de la cantine de la maternelle au CM2. Dès cet automne, elle prévoit aussi un vélo neuf pour tous les élèves de troisième et un bilan de santé gratuit pour chaque enfant de CP ».

Catherine Bocquet