Education nationale : Edouard Geffray dissipe le flou autour du budget

Le budget « ne sera pas en baisse » en 2027, a assuré Edouard Geffray, vendredi, lors d'un déplacement à Nancy. Il augmentera « d'au moins 800 millions d'euros dans le prochain projet de loi de Finances », a précisé le ministre de l'Education nationale, confirmant l'engagement de Sébastien Lecornu, cet été, au « Parisien ». « Certains ont voulu faire croire que le budget de l'Education nationale serait en baisse, a-t-il insisté. La réponse est non, il ne sera pas en baisse. Il ne faut pas déformer les réalités avant de les vérifier. » Dans son interview au « Figaro », mercredi soir, le Premier ministre n'avait pas cité l'Education nationale parmi les ministères préservés. Sébastien Lecornu « revient déjà sur sa parole et annonce que l'Education nationale ne fait plus partie des ministères dont les crédits augmenteront », avait dénoncé Paul Vannier sur X. Le député LFI avait aussi indiqué qu'une augmentation de 800 millions d'euros serait « en trompe-l'oeil » car « une fois l'inflation déduite, les moyens réels de l'école [baisseront] ».
Des « CHAR » et des « CHAMS »
Le prochain budget permettra-t-il, par exemple, de financer la marge d'autonomie promise pour les collèges après les mauvais résultats de Pisa ? Le ministre s'était engagé à doubler le nombre d'heures d'autonomie accordées aux collèges « pour renforcer le soutien aux élèves en difficulté, diversifier l'offre et ouvrir davantage de possibilités à tous les élèves ». Le principal syndicat de chefs d'établissement, le SNPDEN-UNSA, qui s'y dit favorable, a chiffré l'engagement à 600 millions d'euros. Edouard Geffray a répété vendredi son souhait de renforcer les marges d'autonomie, au côté de collégiens bénéficiant de classes à horaires renforcés (CHAR) en architecture et patrimoine grâce à ces heures d'autonomie. Le ministre entend profiter de la baisse démographique pour renforcer l'autonomie des collèges « sur les quatre à cinq prochaines années ». C'est très bien de vouloir réduire les écrans, mais si vous ne proposez rien en face, so what ?
Edouard Geffray, ministre de l'Education nationale
Interrogé sur les craintes de chefs d'établissement qui, en cette rentrée, s'inquiètent de ne plus avoir les moyens de financer des dispositifs obligatoires tels que « devoirs faits » (l'aide aux devoirs au collège), Edouard Geffray mise sur cette autonomie pour que les établissements puissent « faire un peu plus de ‘‘Devoirs faits'', proposer des classes à horaires renforcés pour des projets en matière d'architecture ou des classes à horaires aménagés en sciences (CHAMS) avec une parité filles-garçons ».
« Crispation » sur le pass culture
Quant aux inquiétudes autour du pass culture, après la disparition de sommes non consommées sur lesquelles certains établissements comptaient pour financer leurs projets culturels, Edouard Geffray reconnaît « un point de crispation ». La part collective du pass culture a été « versée en deux tranches » et il y avait « une probabilité très élevée que [les fonds] soient massivement sous-consommés ». Il fallait donc éviter « d'attendre le 31 décembre pour rendre des sous », estime-t-il. En matière de culture, après l'interdiction du téléphone portable au lycée, Edouard Geffray a par ailleurs indiqué vouloir « renforcer l'éducation artistique et culturelle » à l'école. « C'est très bien de vouloir réduire les écrans, mais si vous ne proposez rien en face, so what ? » Pour « réconcilier l'écrit et l'écran », alors que les élèves « passent en moyenne 18 minutes par jour sur un écrit contre 4 h 40 sur un écran », l'Education nationale va publier lundi, à l'occasion du Congrès des professionnels du cinéma français à Deauville, un parcours de formation en matière d'éducation au cinéma et à l'image animée. Des professeurs documentalistes agrégés ? « Il faut encourager nos élèves à passer du petit écran au grand écran et donc à faire l'expérience du cinéma, à lever les yeux, comme disait Godard », s'enthousiasme Edouard Geffray. Quant aux listes de recommandations de livres promises après les mauvais résultats de Pisa pour les vacances de la Toussaint, elles seront partagées avec les libraires et les centres de documentation, promet Edouard Geffray qui veut « envahir la vie de nos jeunes de livres » et mettre les professeurs documentalistes au coeur du dispositif. Le ministre dit vouloir « se pencher sur leur déroulement de carrière » et envisage leur accès à l'agrégation - et non plus seulement au CAPES comme aujourd'hui.