« Des élèves n’ont pas de profs pour préparer le bac » : les blocus s’étendent dans des lycées franciliens
La colère monte chez les lycéens franciliens. En Île-de-France, une dizaine de lycées ont été bloqués depuis le début de la semaine, rapporte l’Agence France Presse (AFP). Notamment ce jeudi 24 septembre 2026 à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), où des élèves protestent contre la surcharge d’emplois du temps, selon de l’académie de Créteil.
« Ce matin, il y a eu un blocus du lycée Auguste-Blanqui à Saint-Ouen, avec un attroupement, des mouvements, des dégâts matériels mais pas de blessé », a expliqué une porte-parole du rectorat à Ouest-France. « Des lycéens ont tenté de bloquer l’entrée de leur établissement jusqu’à la fin de matinée », a-t-elle ajouté, précisant que l’établissement a été fermé pour l’après-midi à la demande de la police. « L’établissement n’assure pas ses cours, mais un accueil minimum est assuré », poursuit le rectorat qui suit « avec attention » ces « mouvements de blocus sur le territoire académique ».
Ces actions ont commencé dans le Val-de-Marne et se sont produites « dans une dizaine de lycées du Val-de-Marne et de la Seine-Saint-Denis, avec des protestations concernant les emplois du temps surchargés, et des revendications très diverses selon les établissements », a précisé cette porte-parole.
« Un effet d’entraînement sur les réseaux sociaux »
Une source policière précise à l’AFP que plusieurs incidents ont été répertoriés en début de semaine dans des lycées d’Île-de-France, en particulier dans le Val-de-Marne et à Versailles, avec des « tentatives de blocages » ou encore des « poubelles enflammées ». Pour le rectorat, il ne s’agit pas d’un mouvement politique, mais d’« un mouvement d’élèves, sur des éléments très concrets propres à chaque établissement, mais par contre il y a un effet d’entraînement sur les réseaux sociaux ».
Joint par téléphone, le secrétaire national de l’Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani, précise les revendications : « Certains lycées, connaissent un manque criant de personnel. Il n’y a pas de proviseur adjoint, d’infirmière scolaire… sans compter les enseignants, souffle au téléphone le bachelier de 18 ans, scolarisé, lui, dans l’académie de Lille. Depuis la rentrée, des élèves de première n’ont pas de prof de français pour préparer leur bac. Comment voulez-vous qu’ils travaillent et réussissent leur épreuve en juin ? »
De plus en plus de lycées concernés ?
Début septembre, une enquête du principal syndicat des enseignants du second degré, le syndicat enseignant Snes-FSU, révélait que deux tiers des collèges et lycées avaient réalisé une rentrée malgré une équipe incomplète. L’ensemble des académies étaient concernées par ce manque de personnel, avec des disparités. L’académie de Versailles était la plus touchée (70,5 % des établissements concernés), et il manquait au moins un professeur dans 61,10 % des collèges et lycées de celle de Créteil.
Ryad Rani, le militant lycéen, qui précise être en relation avec les participants aux blocus franciliens via les antennes locales de l’USL, évoque aussi les classes surchargées : « Ça monte parfois jusqu’à 33 élèves. Les syndicats d’enseignants le martèlent, la qualité d’enseignement en pâtit, car ils peuvent moins individualiser le travail avec les lycéens en difficulté. Et notre syndicat manifeste aussi contre le délabrement d’établissements qui manque aussi de matériels. Certaines salles n’ont pas de rideaux pour se protéger de la chaleur. »
Pour lui, ce mouvement lycéen pourrait s’étendre dans les prochains jours, alors qu’un appel à la grève dans la fonction publique est également lancé pour le 29 septembre.