DÉCRYPTAGE. Blocus des lycées : à Ancenis, la proviseure et les élèves ont tout fait pour éviter les débordements
Les premiers sont arrivés à 0 h 30 dans la nuit de dimanche à lundi. Puis d’autres ont suivi, à 4 h, 5 h, 6 h… À 9 h, ils étaient près de 300 à battre le pavé et à bloquer l’entrée principale du lycée Joubert-Maillard, à Ancenis-Saint-Géréon. Le tout, il faut le signaler, dans une ambiance bon enfant. Parmi ces 300 personnes, des lycéens, majoritairement. La plupart venaient de l’établissement bloqué. Certains étaient de Saint-Joseph ou de Jean-Baptiste-Ériau.
Autour d’eux, il y avait aussi un bon nombre d’adultes : des professeurs, des agents de vie scolaire, des agents du service jeunesse de la Ville d’Ancenis-Saint-Géréon ou encore des syndiqués (FO et CGT notamment). Le maire ancenien, Rémy Orhon était lui aussi sur place. Tout comme des membres de la gendarmerie et de la police municipale.
Ne pas porter d’habits noirs
Dans l’assemblée, ni les lycéens ni la direction du lycée Joubert-Maillard n’étaient surpris, ce lundi matin, au moment de découvrir ce blocage. Tout avait été préparé, lors d’une réunion entre un petit groupe d’élèves et la proviseure, Diane Auber-Cuny. J’ai effectivement été prévenue mercredi dernier (le 30 septembre, N.D.L.R.) de la volonté des élèves de se mobiliser dans le cadre du mouvement en cours auquel ils veulent se lier »,confirme cette dernière, présente aux côtés d’une partie de ses équipes et des manifestants, ce lundi matin.
Lors de cette réunion entre la proviseure et des lycéens, membres du conseil de vie lycéenne (CVL) ou délégués de classe, Diane Auber-Cuny a vite fixé sa priorité : C’est la sécurité des élèves. Aussi, des consignes avaient été passées ces derniers jours : Nous leur avons déconseillé de venir habillés en noir et le visage dissimulé, puisque c’est généralement ainsi que sont vêtus les casseurs. Ce week-end, via un courriel transmis aux parents, la direction de Joubert-Maillard a également invité les élèves qui pourraient être anxieux », à ne pas se rendre au lycée, sachant que ce dernier allait être bloqué, et qu’un risque d’incident ne pouvait être exclu.
En effet, durant le week-end, une rumeur a circulé sur les réseaux sociaux et a été partagée par bon nombre d’élèves : des éléments perturbateurs auraient pu venir en train, de Nantes ou Angers, et se joindre à la mobilisation, pour casser »…Il n’en a finalement rien été. À la demande des gendarmes, des policiers municipaux s’étaient tout de même positionnés aux abords de la gare SNCF d’Ancenis.
« Ça déborde, on explose tous »
Grâce à ce travail d’anticipation mené par la proviseure et le petit groupe d’élèves mobilisé, la journée s’est passée sans débordement. On a fait tout ça de manière réfléchie et cadrée. C’est pour ça qu’actuellement tout se passe bien et tout se passera bien tout au long de la journée »,indiquait, en milieu de matinée, Thibo, un des membres du conseil de vie lycéenne (CVL).
Âgé de 17 ans, ce dernier veut souligner le caractère bon enfant, presque festif du blocage de ce lundi 5 octobre 2026. Mais il veut aussi souligner les revendications. Manque de personnes, horaires à rallonge… Élève en terminale, il tient à alerter sur ce qu’il est estime être le plus impressionnant : On nous a fait passer des épreuves sous une chaleur terrible, sans qu’on nous déplace dans des salles plus fraîches… Là, en septembre, on a eu jusqu’à 35° dans des classes à trente-cinq élèves… On a accepté, accepté, accepté… Mais là, ça déborde. On explose tous.
Une semaine après le début du mouvement lycéen, Ancenis-Saint-Géréon vient d’entrer dans la danse avec le blocage du lycée Joubert-Maillard. Une nouvelle mobilisation est annoncée pour ce mardi 6 octobre. Une manifestation en cortège est annoncée au départ de la station Loti (ex-Esso) à 10 h. L’union locale de la CGT invite l’ensemble des salariés à y participer.