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Cours à distance, refuge possible dans des collèges… Comment s’organise le lycée Mandela après l’incendie, à Nantes ?

Ouest-France · 07/10/2026 · ← revue

Des bouquets de fleurs et des portraits de Nelson Mandela sont accrochés aux grilles qui délimitent le hall dévasté du lycée. Une semaine plus tôt, jeudi 1er octobre, une partie de cet établissement de l’île de Nantes a été, en marge de la mobilisation citoyenne, la proie des flammes.

L’incendie a mis 1 711 lycéens, dont 165 internes, dehors, sans possibilité de retourner en classe avant les vacances de la Toussaint, selon Giovanni Colavecchi (1), proviseur du lycée Nelson-Mandela. Au plus tôt, serait-on tenté de dire : des poutres ont été fragilisées et les expertises sont toujours en cours.

La Ville a pris deux arrêtés vendredi 2 octobre, l’un interdisant l’accès à l’établissement, l’autre l’exploitation du gymnase. Les élèves ne sont pas retournés en cours, mais une dérogation a été accordée aux personnels : lundi 5 octobre, les internes ont pu venir récupérer leurs affaires. Mardi 6 octobre, 313 ordinateurs portables, qui devaient être confiés en novembre aux élèves de seconde, ont été distribués à l’Hôtel de Région. Ce mercredi 7 octobre, des assistants d’éducation étaient présents depuis 9 h, pour gérer l’organisation ou répondre aux parents. 600 mails sont en souffrance, dit l’un d’eux.

Des cours en distanciel

Les cours en distanciel évoqués par le proviseur ont débuté ce mercredi. Devant le lieu du sinistre, Symeon Grand, interne en terminale technologique spécialité musique, est hébergé chez des amis et a pu suivre ses cours de musique au conservatoire tout proche. Les classes à distance, très peu pour lui : On a besoin d’interactions sociales. Un lycée, ce n’est pas qu’un endroit où l’on consomme des cours. Il défend l’idée d’un lycée autonome dans des salles prêtées par la mairie ou des associations, imagine-t-il.

Cliona Buckley sort du conservatoire où elle avait danse. L’élève de seconde habite à Carnac, dans le Morbihan. Lundi, elle a fait l’aller-retour en train pour récupérer ses effets à l’internat ; mardi soir, grâce au réseau du conservatoire, elle a dormi chez une étudiante en périphérie de Nantes. Pour une ado de 14 ans, c’est beaucoup de bouleversements. Les choses, heureusement, se mettent en place : elle n’attend plus que les codes de connexion de son ordinateur, qu’elle doit recevoir par courriel, pour suivre son cours de sciences de la vie et de la terre.

Les lycéens au collège ?

Le conservatoire, dirigé par Mathieu Gauffre, compte dans ses rangs 120 élèves de Nelson-Mandela. Leurs liens sont évidents : le conservatoire, qui a servi de cellule de crise jeudi 1er octobre, accueille une cellule psychologique ; il a aussi identifié les élèves les plus en difficulté pour se loger et a fait jouer la chaîne de solidarité auprès des familles d’accueil. Jeudi et vendredi, aucun cours n’a été donné au conservatoire, mais la pratique de la musique et de la danse ne peut pas se faire à distance, souligne Mathieu Gauffre, qui a tenu à redémarrer les activités dès ce lundi. Une classe prépa éco-gestion de Mandela devrait être accueillie à partir de lundi dans une salle du lycée Guist’hau.

Un geste est aussi venu du conseil départemental. Le jour même de l’incendie, son président Michel Ménard (PS) a envoyé un texto à Christelle Morançais, présidente de la Région (Horizons), pour proposer ses services. Des échanges techniques ont lieu aujourd’hui (ce mercredi), indique le Département, afin d’ouvrir aux lycéens de Mandela des salles dans des collèges de proximité, dont il a la compétence. Rien n’est acquis toutefois, la question des capacités d’accueil restant prégnante. De son côté, la Région, qui a en charge les lycées, assure qu’il existe des solutions protéiformes, sans, pour l’heure, en citer une.

(1) Nous n’avons pas pu le joindre ce mercredi 7 octobre.