Revue de presse

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Composition des classes, emplois du temps… Dans les coulisses de la préparation de la rentrée scolaire

Ouest-France · 01/09/2026 · ← revue

Les cartables ont été préparés la veille, la tenue soigneusement sélectionnée pour le jour J. Ce mardi 1er septembre, la première sonnerie de l’année va retentir dans les 60 000 établissements scolaires de France. Cette semaine, 11,6 millions d’élèves reprennent progressivement le chemin de l’école, du collège ou du lycée. Moment spécial pour les enfants comme pour leurs parents, chaque rentrée scolaire se prépare de longs mois à l’avance et nécessite un travail d’organisation titanesque. Composition des classes, planification des emplois du temps… Trois chefs d’établissements nous racontent comment ils procèdent.

« Ce sont les enseignants qui font les classes, pas les familles »

Si les congés d’été se terminent pour les 230 élèves de l’école élémentaire Saint-Pierre-d’Arène à Nice (Alpes-Maritimes), Thierry Pajot, le directeur, est à pied d’œuvre depuis plusieurs jours déjà. « Comme nous sommes en réseau d’éducation prioritaire, on accueillait plusieurs élèves depuis une semaine, raconte celui qui est aussi secrétaire national du syndicat des directeurs d’école S2DÉ. Et si j’ai procédé à quelques ajustements à mon retour, avec de nouvelles inscriptions, le gros a été finalisé dès juin afin que nos enseignants connaissent leur classe deux mois en avance, discutent avec leurs collègues du suivi pédagogique. Les maîtresses de CP transmettent les informations à celles de CE1, et ainsi de suite. Idem pour le passage de la maternelle au primaire. » Avant les vacances, des parents toquaient déjà à la porte de son bureau ou le sollicitaient au portail « pour savoir si leur enfant pourrait être dans la même classe que leurs amis en septembre ». « Certains tentent même de choisir le professeur, témoigne le directeur. Là, c’est non. Pour le reste, on en tient compte dans la mesure du possible, mais ce sont les enseignants qui font les classes, pas les familles. » Pour les composer et « équilibrer » les groupes, son équipe tient compte « de nombreux critères » : « On veille à équilibrer le nombre de filles et de garçons, à l’homogénéité des niveaux, on regarde les comportements… Quand il y a des jumeaux, la question se pose de les séparer, ou non. On dispatche aussi les jeunes accompagnés d’AESH (accompagnants d’élèves handicapés), même si ça arrangerait l’administration qu’ils soient rassemblés. Derrière chaque composition de classe, il y a de l’humain, pas une intelligence artificielle. » Pour les plus grands, la fin de cycle dans l’enseignement primaire est anticipée : « Au printemps, les professeurs principaux des futurs collégiens viennent rencontrer nos collègues qui enseignent aux CM2, et font le point sur chaque dossier. Il nous arrive de leur recommander de laisser des enfants ensemble. »

« Ils vont vite se faire des amis »

Principale d’un collège à Montreuil en Seine-Saint-Denis, Marie Tamboura prépare chaque année ces passages en 6e, une étape marquante - souvent stressante - dans la scolarité des élèves. « Comme chaque année, ils découvriront leur classe en arrivant, ce mardi. Ça fait partie des traditions de rentrée dont tout le monde se souvient, sourit la co-secrétaire du SNPDEN-Unsa, le principal syndicat des chefs d’établissements. Comme ils découvrent un nouvel environnement, un autre fonctionnement que celui de l’école, on prend bien en compte les recommandations de leurs anciens professeurs sur les profils. Sans pouvoir les suivre systématiquement. Mais que les élèves se rassurent, ils vont très vite se faire de nouveaux amis. » Les ébauches de leurs plannings, comme ceux des professeurs, commencent à être réalisées dès le mois de février par les principaux adjoints. « On veille à respecter la parité dans des classes les plus hétérogènes possibles, pour que les élèves les plus à l’aise tirent ceux plus en difficultés vers le haut. On tient aussi en compte leurs options pour les regrouper, note la principale. On rentre véritablement dans le vif du sujet en juillet, et nous procédons à des ajustements à notre retour de vacances fin août. Même si cette année, et malgré la fin des groupes de besoins en 6e et 5e, la préparation a été un peu plus compliquée que prévu… »

Le « casse-tête » des plannings au lycée

Messageries inaccessibles, applications de gestion hors service… Dans certaines académies comme Nantes ou Toulouse, la phase de pré-rentrée a été chaotique. La raison ? Des outils numériques ont été suspendus, le temps que les services informatiques de l’Éducation nationale procèdent à des opérations de sécurisation, après une nouvelle cyberattaque qui a visé l’institution au cœur de l’été. « En Bretagne, nous avons pu travailler sereinement », témoigne David Boudart, proviseur au lycée Joseph-Loth de Pontivy (Morbihan). Une bonne nouvelle, alors que la construction des emplois du temps des lycéens « est un véritable casse-tête » . « Il faut faire rentrer plus de 1 000 heures de cours hebdomadaires réparties entre 30 classes et 215 groupes de spécialités en première et en terminale. Sans compter les options, les choix de langues vivantes… » Sa mission prioritaire ? : « Offrir aux élèves des semaines et des journées équilibrées. » Contrairement aux années précédentes, aucun changement dans l’organisation baccalauréat n’est à prévoir, « une stabilité fait du bien ». En revanche, le proviseur doit composer avec une nouvelle loi qui bannit désormais les téléphones portables des lycées. « Ils devront être éteints et rangés, prévient-il. Heureusement, nous avions déjà instauré une pause numérique qui limitait le temps d’écran de nos élèves. Ils devaient déposer leur portable dans une “phonebox” en début de chaque cours. » Ce mardi, alors que des élèves de seconde feront leurs premiers pas au lycée, David Boudart s’attend à être sollicité de toutes parts. « Mais ce n’est pas spécialement la journée la plus intense de l’année », nuance-t-il. Un mois à peine après la reprise, un dossier majeur va d’ailleurs rapidement l’occuper… « Je vais déjà devoir me pencher sur la rentrée 2027 ! »