Blocus des lycées. Trois jours pour mettre en place des temps d’échanges : comment cela s’organise au Mans ?
C’est une mesure d’urgence annoncée mardi 6 octobre 2026 par le Gouvernement pour répondre à la forte mobilisation et aux blocages qui touchent les lycées depuis plusieurs jours déjà. Des temps d’échanges pour permettre aux lycéens d’exprimer leurs difficultés et leurs attentes doivent être mis en place dans chaque établissement scolaire, d’ici à vendredi. Charge aux chefs d’établissements de les organiser en fonction des réalités de [leur] lycée, indique une note du ministère de l’Éducation nationale.
Au Mans comme partout, il faut s’organiser en deux temps, trois mouvements », reconnaît François Léveillé, proviseur du lycée Sud. L’établissement d’enseignement général et professionnel compte quelque 1 800 élèves. Pas une mince affaire de mettre en œuvre, en si peu de temps, cette commande qui nous est faite.
Après en avoir discuté avec l’équipe enseignante ce mercredi matin, il a été décidé qu’un temps de concertation sera mené, en classe, vendredi en fin de matinée. Encadré par des enseignants, pour animer les échanges. L’après-midi, les délégués se retrouveront en assemblée générale. Avant une restitution globale à tous.
Au lycée Touchard-Washington, des modalités similaires ont été prises. Une évidence pour Xavier Chartrain, le proviseur : Si on veut que tous les élèves s’expriment, cela ne peut pas se faire lors d’une assemblée générale dans la cour. Le chef d’établissement a opté pour un temps d’écoute rapprochée en classe ce jeudi entre 8 h et 12 h, avec des professeurs garants des temps de parole autour de quatre questions. Les élèves délégués de classe prendront des notes. Les doléances et demandes seront ensuite portées à la connaissance de tous en amphi, de 10 h à midi, vendredi.
Nous nous pencherons sur les questions qui relèvent de l’établissement, poursuit Xavier Chartrain. Dans la limite de ses pouvoirs : Pour la canicule, je peux proposer des aménagements mais ce ne sera jamais à la hauteur d’une rénovation énergétique. A-t-il l’habitude d’une telle organisation ? Cela nous est déjà arrivé de nous mobiliser lors d’événements graves. Comme pour l’assassinat de Dominique Bernard ou de Samuel Paty. Il y a des questions qui méritent qu’on s’y arrête, en dehors des programmes.
« Il y a une volonté de casser le mouvement »
Ces temps de « cours banalisés » laissent plus que sceptique Agathe Péan, co-secrétaire du syndicat SNES-FSU 72 : Pour nous, c’est une opération de communication d’un Gouvernement incapable d’apporter des réponses concrètes aux revendications. Ces temps d’échanges, ils existaient déjà dans les assemblées générales,estime la représentante syndicale. Il y a une volonté de casser le mouvement, casser les blocus. Dans un délai qui n’est pas réaliste et n’empêchera pas le mouvement de se réorganiser.