Revue de presse

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Blocus des lycées. « Les inégalités dans le monde scolaire me touchent ! » : environ 350 manifestants à Ancenis

Ouest-France · 06/10/2026 · ← revue

Avant de se rendre au point de rendez-vous, rond-point Tournebride, à 10 h, ce mardi 6 octobre 2026, à Ancenis-Saint-Géréon (Loire-Atlantique), environ 300 lycéens (200 selon la gendarmerie) se sont rassemblés devant le lycée Joubert-Émilien-Maillard. Poubelles et barrières de chantier en empêchaient l’accès.

Solidarité entre lycéens

Aux côtés des Anceniens, le blocus tenu par une poignée de lycéens nantais de Nelson-Mandela a quelque peu tendu l’échange avec la proviseure de Joubert-Maillard, Diane Auber-Cuny : On s’est mis d’accord avec les organisateurs de la mobilisation pour que l’entrée à l’établissement soit possible. Je n’ai pas envie de les trahir. C’est important que tout le monde puisse aller manifester. Les lycéens estiment ne pas être écoutés. On soutient cette mobilisation des Anceniens et on reviendra les aider à maintenir le blocus », promettent-ils.

À Ancenis, comme ailleurs, l’expression lycéenne déplore des emplois du temps surchargés, 35 élèves par classe, le manque de personnel pour les personnes en difficulté, la pression et des inégalités avec Parcoursup… Des lycées sont insalubres, même si ce n’est pas le cas ici, dénonce Ava, 16 ans, en 1 re à Joubert-Maillard. On manifeste par solidarité avec d’autres lycées. Il faut crier sinon on ne se fait pas entendre. Il a fallu plusieurs jours de mobilisation pour, enfin, être pris au sérieux. Nous demandons une augmentation du budget de l’Éducation nationale et plus de professeurs. S’il y a d’autres manifestations, on sera présents.

Même lutte revendicative pour Léna, 17 ans, qui dit avoir rejoint les jeunes Insoumis (LFI) : Les inégalités dans le monde scolaire me touchent. C’est parfois difficile d’obtenir des professeurs remplaçants, même si globalement à Joubert-Maillard, c’est très bien. Malheureusement, ce n’est pas partout pareil.

De l’inégalité sur la mobilité en secteur rural, il a été question avec Chloé, 17 ans, de Teillé. La lycéenne se lève à 6 h pour prendre son car scolaire. Une heure de trajet direction Ancenis pour un démarrage des cours à 8 h : Mes heures sont très mal réparties. Dans mon planning, deux jours par semaine, j’ai trois heures de trou entre 8 h et 18 h. Je serai plus productive si j’étais moins fatiguée.

Syndicats, enseignants, habitants font cause commune

Enseignants, habitants mais aussi syndicalistes CGT et FO… Une cinquantaine de personnes ont emboîté le pas des lycéens : Beaucoup de leurs revendications rejoignent celles des actifs, approuve Serge Richard, secrétaire de l’Union locale FO, prenant en exemple les effectifs dans les services publics. À mon époque, les professeurs étaient remplacés aussitôt. La smicardisation s’installe. On ne leur vend pas du rêve à ces jeunes.

11 h 10. Devant le pont d’Ancenis bloqué trente minutes, Agnès, enseignante à La Chapelle-sur-Erdre qui habite Le Pin, en pays d’Ancenis, applaudit ces lycéens : On espère que ça va faire bouger les choses. Même soutien pour Isabelle, qui vient toujours manifester par solidarité à Ancenis et parfois à Châteaubriant : S’il manque des professeurs remplaçants, c’est bien qu’on n’en embauche pas assez !

Enseignants, assistants d’éducation, infirmières, conseiller principal d’éducation, assistant social… Tout Joubert-Maillard était aux côtés des lycéens. On se réjouit que ça se passe dans un état d’esprit bon enfant, constate Philippe Gy, professeur de théâtre. Ils savent pourquoi, en tant que citoyens, ils sont engagés. Dans le calme, sans incidents, avec l’envie d’être entendus.