Blocus des lycées : les forces de l’ordre prêtes à intervenir, Jean-Luc Mélenchon dénonce une « répression »
« Si l’expression des lycéens doit être respectée, les actions violentes ne sauraient être tolérées. » Ce sont les mots des ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale, Laurent Nunez et Édouard Geffray, communiqués par l’Agence France-Presse (AFP). Alors que ces derniers jours, des lycéens d’Île-de-France organisent des blocus dans leurs établissements pour protester contre leurs conditions d’apprentissages, les deux ministres annoncent ce lundi 28 septembre 2026 qu’en cas de violences et de blocage total, « l’intervention » des forces de l’ordre « devra être engagée après concertation avec le chef d’établissement ».
« Répression avec un arrière-goût raciste »
Alors que le ministre Édouard Geffray s’en était déjà pris vendredi 25 septembre à « des députés de La France Insoumise qui encouragent depuis mercredi des jeunes à bloquer les lycées », l’annonce ce lundi du possible envoie des forces de l’ordre a fait réagir le leader LFI, Jean-Luc Mélenchon. « Le gouvernement Lecornu a ordonné la répression. Cette férocité est irresponsable avec un arrière-goût raciste évident », estime-t-il. Il appelle également « élus et militants insoumis à s’interposer » à ces interventions partout où ils peuvent.
En réaction, le Premier ministre Sébastien Lecornu a répondu sur le réseau X : « Votre accusation de racisme est une insulte. Racialiser un débat sur la sécurité des élèves, c’est ajouter de la division là où un responsable politique devrait chercher à ramener le calme. » Le Premier ministre affirme également que, « ce [lundi] matin une lycéenne a été blessée à l’acide chlorhydrique, aux mains et au visage par des agresseurs violents. Il y a aussi les tirs de mortier par dizaine, les incendies, les agressions contre les personnels. »
Il avait déjà dénoncé quelques heures plus tôt sur le même réseau, une « surenchère irresponsable » d’élus de la France insoumise qui « appellent à étendre » le mouvement de blocus des lycées. Le député LFI Louis Boyard avait notamment affirmé vendredi sur X que « le mouvement lycéen doit s’étendre » estimant que « ces élèves manquent de tout ».
Des actions se sont étendues vendredi dans la banlieue de Paris et, selon le ministre de l’Éducation Édouard Geffray qui s’exprimait ce lundi matin sur RMC, « une dizaine » de lycées étaient bloqués.
Six avocats ont par ailleurs annoncé, dimanche 27 septembre 2026 déposer plainte pour des faits de « violences policières à l’encontre de lycéens. » Ces avocats, qui sont « intervenus auprès des lycéens gardés à vue », dénoncent des « violences d’une extrême gravité, commises au moment des interpellations ou à l’intérieur des commissariats. » Ils affirment également avoir saisi l’Inspection générale de la police nationale.
Appel au blocage mardi 29 septembre
L’Union syndicale lycéenne (USL), principale organisation syndicale des lycéens, appelle au blocage des lycées mardi 29 septembre partout en France, à l’occasion de la journée de mobilisation nationale dans la fonction publique.
« On appelle au blocage de tous les lycées demain. On a pris la décision de généraliser ce qui se passe en Île-de-France, parce que ce sont des problématiques présentes sur tout le territoire », a déclaré à l’AFP le président de l’Union syndicale lycéenne (USL) Ryad Rani.
Pour le lycéen, cette circulaire est « un scandale sans nom : On parle de lycéens de 15 à 18 ans, la seule réponse du gouvernement c’est la répression automatique et institutionnalisée. C’est inadmissible. Des lycéens se mobilisent pour demander des conditions plus justes et équitables, et on leur envoie la Bac (brigade anticriminalité, N.D.L.R.) et les CRS », a-t-il ajouté.
Contacté par Ouest-France jeudi 24 septembre, il précisait les revendications du mouvement : « Certains lycées, connaissent un manque criant de personnel. Il n’y a pas de proviseur adjoint, d’infirmière scolaire… sans compter les enseignants, soufflait au téléphone le bachelier de 18 ans, scolarisé, lui, dans l’académie de Lille. Depuis la rentrée, des élèves de première n’ont pas de prof de français pour préparer leur bac. Comment voulez-vous qu’ils travaillent et réussissent leur épreuve en juin ? »
L’académie de Créteil avait également évoqué des protestations concernant « l’emploi du temps surchargés des élèves, et des revendications très diverses selon les établissements. »