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Blocus des lycées. « Il y a eu un effet de panique » : retour sur une matinée de chaos et de violences à Saint-Nazaire

Ouest-France · 07/10/2026 · ← revue

Il y a eu l’accalmie de la journée de mardi. Un jour de manifestation dans le calme sur le pavé nazairien, avec des lycéens accrochés à leurs revendications, encadrés par des parents et syndicats en nombre. L’éclaircie aura été de courte durée. Le soir même, à la veille de la reprise des cours au lycée Aristide-Briand, des messages inquiétants ont été diffusés sur les réseaux sociaux. Ce mercredi 7 octobre 2026 au petit matin, les lycéens sont là. Au rendez-vous. Ils sont entre 200 et 300, brandissant les mêmes pancartes aux slogans imaginatifs pour exprimer leur ras-le-bol. Tout est calme.

À l’intérieur, une délégation de lycéens est reçue par le proviseur Jean-François Vadaine pour ouvrir la discussion. Des problématiques nationales comme Parcoursup, l’amplitude horaire et les classes surchargées ont été évoquées. Mais aussi celles propres à la cité scolaire comme la vétusté des salles de classe et des toilettes, ainsi que l’état de la cantine, pointé du doigt en 2025. On a aussi parlé des salles mal isolées. Les élèves ont fait part de leur inquiétude de venir en cours ce matin, glisse Sébastien, parmi les lycéens reçus par le proviseur.

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« Il y a eu un effet de panique »

Dehors, au fil des minutes, la tension s’installe. Les plus déterminés allument le classique feu de poubelles sur le boulevard Coubertin. Certains affichent leurs velléités d’aller au contact des forces de l’ordre positionnées en retrait. L’ambiance devient électrique, les premières échauffourées éclatent, entre jets de projectiles, tirs de mortiers et répliques à coups de gaz lacrymogène. Les manifestants reculent. Mais c’est lorsqu’une centaine d’entre eux pénètre dans l’enceinte du lycée Aristide-Briand que la matinée bascule.

Parmi les près de 1 400 élèves et étudiants présents en classe, l’inquiétude s’installe. J’ai demandé aux élèves de rester en cours, rembobine le proviseur Jean-François Vadaine. Il y avait une vingtaine de jeunes qui courraient dans les couloirs, ça fait du bruit. Il y a eu un effet de panique. Tout le monde ressort rapidement, mais quelques dégradations sont néanmoins constatées : une vitre brisée, un extincteur détérioré. À l’extérieur, l’ambiance a radicalement changé. Des parents sont présents, appelés par leurs enfants. Ma fille m’a appelé en me disant qu’elle avait peur, souffle une maman. Le collège voisin Anita-Conti a, quant à lui, décidé de suspendre les cours dès 11 h, les enfants sont accompagnés jusqu’au rond-point de Plaisance pour éviter tout risque.

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Un prolongement jusqu’à la mairie

La tension est palpable. Encore plus lorsqu’un convoi de la Bac (brigande anticriminalité) passe devant le lycée à toute allure sous les yeux médusés des manifestants. Finalement, les forces de l’ordre se positionnent de chaque côté du lycée pour une charge en règle et créer une bulle afin de sécuriser l’entrée de l’établissement. Cette fois manifestants et policiers sont au contact, pour un face-à-face tendu où se mêlent les cris et les gaz lacrymogènes. La manifestation dégénère et les lycéens sont repoussés loin à l’extérieur. Ils décident finalement de partir en manifestation en direction de la mairie, barricadée. Là encore face à face avec les forces de l’ordre avant que tout le monde se disperse, la pluie aidant à doucher les ardeurs.

Après deux jours de cours en distanciel, Jean-François Vadaine avait décidé de rouvrir les portes du lycée Aristide-Briand ce mercredi. Le proviseur de l’établissement nazairien est finalement contraint de rétropédaler à la suite de ces nouvelles tensions. La décision de réouverture avec retour aux enseignements et des temps de dialogue nécessaire était une volonté forte pour nos élèves, malheureusement cette décision n’a pas été entendue par tous, déplore-t-il. La reprise des cours le lundi 12 octobre sera réexaminée en fin de semaine.