Blocus des lycées en Mayenne : ce qu’il faut retenir de la grève du 6 octobre
La mobilisation lycéenne s’est poursuivi ce mardi 6 octobre en France avec l’Acte III du mouvement. Plusieurs syndicats avaient en effet appelé les personnels de l’Éducation nationale et les parents d’élèves à rejoindre le mouvement. Une manifestation était prévue à Laval en début d’après-midi entre le place du 11-Novembre et le Préfecture. Mais dès la matinée, les lycéens se sont mobilisés en dépit des restrictions.
Rassemblés à Douanier-Rousseau
La veille, lundi 5 octobre, un arrêté interdisant les regroupements de personnes susceptibles de générer ou de favoriser des troubles à l’ordre public dans le périmètre de 50 m autour des établissements scolaires, avait été pris par la préfecture.
Cela n’a pas empêché plus d’une centaine d’élèves de se rassembler devant le lycée Douanier-Rousseau à Laval et d’en barrer la rue avec des poubelles avant de s’éloigner un peu de la grille. Cet arrêté préfectoral est complètement ridicule, estime Valentin Aubry, représentant du Mouvement national lycéen. On répond au ridicule par le ridicule et on se met à 50 m de l’entrée.
Réaumur et Ambroise-Paré
Dans le même temps, entre 20 et 30 élèves se sont aussi rassemblés près du lycée Ambroise-Paré, recevant le soutien matériel de riverains, puis vers 10 h à nouveau plus d’une centaine, près du lycée Réaumur.
Ces deux groupes ont par la suite convergé vers celui de Douanier-Rousseau, avant de se diriger vers la place du 11-Novembre en vue de la manifestation.
Du monde à Mayenne, moins à Château-Gontier
Pendant ce temps, entre 100 et 200 lycéens soutenus par une quinzaine de professeurs se sont réunis devant le lycée Lavoisier à Mayenne. Ils se sont ensuite dispersés, et certains ont pris la route de Laval, parfois en bus pour rejoindre le rassemblement.
Une mobilisation nettement plus succincte dans le Sud-Mayenne, où une quarantaine d’élèves se sont brièvement rassemblés devant le lycée Victor-Hugo, à Château-Gontier-sur-Mayenne.
Aux alentours de 8 h, la quasi-totalité des élèves sont rentrés dans l’établissement pour le début des cours. Certains lycéens, restés dehors pancartes à la main, n’ont pas caché leur déception face à la faible ampleur de la mobilisation : C’est dommage que ça ne prenne pas. Nous ne sommes pas très organisés, confie Hugo.
Entre 1 200 et 1 500 manifestants
Un peu avant 14 h, lycéens surtout mais aussi représentants syndicaux, professeurs et même parents d’élèves se sont rassemblés devant l’Hôtel de Ville. Ils étaient 1 500, selon l’intersyndicale et 1 200 selon la police. Le cortège est parti vers 14 h pour se diriger vers la préfecture, dans une bonne ambiance.
Le soutien des syndicats
Cette manifestation nous a permis de nous faire entendre, de voir autre chose que les violences, se réjouit Ali Sgatni, élève de première au lycée Douanier-Rousseau. Le soutien des syndicats montre que ce n’est plus seulement une question de jeunes : c’est nous, la société future.
Il connaît ses premières manifestations avec ce mouvement, il poursuit : À Laval, on peut revendiquer tout en se sentant en sécurité.
Reçus par la préfète
Des représentants des lycéens ont été reçus par la préfète de la Mayenne. On s’est fait écouter et on nous a promis des actions, même si nous restons sceptiques, avance Valentin Aubry, élève du lycée Douanier-Rousseau. La principale promesse qui nous a été faite est de mettre en place un Conseil de vie lycéenne à l’échelle mayennaise, pour faire remonter nos demandes.
Interrogée sur la décision du Premier ministre Sébastien Lecornu de banaliser les cours de mercredi, jeudi et vendredi pour permettre des réunions entre les lycéens et les proviseurs, Cathie Granger, élève de Douanier-Rousseau, se dit aussi sceptique : Arrêter les mobilisations serait jouer le jeu de l’État. On doit continuer tant qu’il n’y a pas d’actions.