Blocus des lycées : de Saint-Brieuc à Lannion, la mobilisation des élèves a faibli pour « l’acte IV » en Côtes-d’Armor
Le mot d’ordre, c’est de montrer qu’on ne lâchera pas face aux dernières déclarations du Premier ministre. On veut du concret ! Au lendemain de l’allocution de Sébastien Lecornu, qui a renvoyé à fin octobre pour les décisions du gouvernement, la contestation lycéenne est repartie, jeudi 8 octobre 2026, à Saint-Brieuc.
Des blocus matinaux ont été menés aux lycées Rabelais et Renan, avant une manifestation dans les rues. Mais la mobilisation pour cet« acte IV » est descendue de plusieurs crans par rapport à mardi. Ils étaient une petite centaine en fin de matinée à battre le pavé, escortés par la police et avec l’appui de quelques syndicalistes.
Moins de manifestants et moins de policiers
Le cortège s’est étiolé après l’arrêt au pied de la préfecture et de la mairie, alors que des élèves avaient rendez-vous à 12 h 30 avec le maire, Victor Bonnot (Horizons), pour un échange en présence du directeur académique des services de l’Éducation nationale. Un format similaire à celui de la veille au soir au lycée Rabelais.
Le reste du groupe a filé vers le lycée Freyssinet. Sur place, le calme a été maintenu malgré l’allumage d’un feu, éteint peu après 16 h par les pompiers. Il y a de la fatigue à l’approche de la fin de semaine. Et la pression de louper trop de cours, commentait un lycéen parmi les plus investis.
Les policiers étaient aussi moins nombreux et moins démonstratifs. Cette stratégie de détente est la bienvenue. Le rapport de force n’est pas la bonne solution, estimait Simon Guyomard, étudiant et élu d’opposition de gauche à Plérin, qui suit la mobilisation depuis le début.
À Lannion aussi, le mouvement a marqué un repli. Pas de blocus ni de rassemblement devant le lycée Félix-Le-Dantec (1 700 élèves et étudiants). Seuls des feux de poubelles ont marqué la journée de façon sporadique, aux abords de l’établissement. L’IUT, lui, a poursuivi son blocus.
La mobilisation a en revanche gagné le lycée Savina de Tréguier, resté en retrait jusque-là. Près de 300 personnes s’y sont rassemblées : de nombreux lycéens rejoints par des étudiants, enseignants, syndicats, représentants de la Ligue des droits de l’Homme, parents… Sans bloquer, les manifestants ont scandé leurs revendications dans une ambiance bon enfant.