Blocus des lycées : comment les jeunes maintiennent le mouvement grâce aux réseaux sociaux
Une enceinte qui crache du son, des élèves qui dansent, d’autres qui chantent à tue-tête et brandissent des pancartes, voici ce qui rythme le blocus pacifique du lycée Joachim-Du-Bellay à Angers, ce mercredi 7 octobre dans la matinée. Ces lycéens, comme tous les autres manifestants issus de la Gen Z, utilisent les réseaux sociaux pour relayer leurs manifestations. De quoi communiquer avec d’autres lycées de la ville, partager des images des blocus ou encore démasquer des tentatives de cyber-patrouillage.
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Sur Snapchat, Instagram ou TikTok, « l’information se propage »
Les groupes de conversations sur Snapchat et Instagram sont souvent les plus utilisés par ces lycéens. On se donne des infos, souvent c’est entre potes. Personne n’en parle dans mon groupe de classe, décrit un premier élève du lycée Du Bellay, assis sur un muret, portable en main. Son ami renchérit : On parle aussi avec des gens de Renoir ou de David d’Angers. Les garçons suivent les autres mouvements des différents blocus. Sur TikTok, on voit ce qu’ils font et on peut les rejoindre. Après, ça dépend aussi de ce qu’il se passe là-bas, si c’est dangereux ou pas. Dans ce cas on évite.
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En général, une simple rumeur de couloir se disperse ensuite sur les réseaux sociaux : On demande alors dans notre groupe de classe : est-ce que vous étiez au courant que… Et après, l’information se propage, observe de son côté Mathilde, élève de seconde. À l’image de la mise en place d’une assemblée générale qui s’est tenue hier, à la Bourse du travail, en début d’après-midi. On a plusieurs groupes sur Insta avec des représentants par lycée qui discutent entre eux et on essaye de se rassembler un maximum. Lou, inscrite aussi en seconde, ajoute : On envoie quelques photos pour montrer qu’il n’y a pas que des blocus qui se passent mal, ici ça reste calme.
« J’ai compris direct qu’il n’avait pas notre âge »
Parmi les élèves de Du Bellay, une lycéenne raconte avoir été confrontée à du cyber-patrouillage, une action menée par un membre des forces de l’ordre pour obtenir des informations sous une fausse identité et se faire passer pour un lycéen. C’est quelqu’un qui m’a ajouté et qui a commencé à me parler. Je l’ai accepté car je pensais connaître la personne via le prénom utilisé, raconte l’adolescente avant de révéler comment elle a compris la magouille. La personne abusait dans ses mots et ses expressions pour paraître jeune mais j’ai compris direct qu’il n’avait pas notre âge. Autre élément qui a semé un doute : Il me posait des questions sur le blocus : si on avait prévu de se rejoindre, si je pouvais l’ajouter à un groupe, c’était suspect, je l’ai supprimé.
Les lycéens ne semblent pas vouloir arrêter le blocus devant leur établissement. Les portables restent en veille. On veut surtout montrer que nous aussi, nous sommes en colère et que l’on a des choses à revendiquer que ce soit dans notre lycée ou en soutient aux autres lycées. Vu qu’on est un lycée artistique, on prône la musique et l’art pour que ça se passe bien.
Blocage, feux et poubelles
Le discours du premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas vraiment trouvé d’échos auprès des lycéens. Ni des étudiants d’ailleurs qui ont bloqué une partie de la Faculté des sciences de l’Université d’Angers ce mercredi 7 octobre, comme promis. Le blocus de la Faculté de lettres et langues est programmé pour ce jeudi matin. Du côté des lycées, c’est le flou à Angers. Le lycée Du Bellay a été de nouveau bloqué alors que c’est resté « calme » à Chevrollier. Il y a eu des poubelles installées devant les entrées à David d’Angers et de nouveau un feu allumé sur le parvis du lycée Bergson. Des assemblées générales d’étudiants et de lycéens sont prévues au cours de cette journée de jeudi.