Revue de presse

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Blocus des lycées, baisse des prix du gazole, budget… Ce qu’il faut retenir de la prise de parole de Sébastien Lecornu

Ouest-France · 07/10/2026 · ← revue

C’est la première fois, depuis l’été, que Sébastien Lecornu s’exprimait devant les Français. Le Premier ministre a pris la parole, ce mercredi 7 octobre, depuis Matignon, en plein mouvement de contestation lycéenne.

Ouverture d’une plateforme destinée aux contributions des élèves, violences policières, prix des carburants et de l’énergie, budget 2027… Voici ce qu’il faut retenir de cette allocution.

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« Ce qui se passe dans les lycées nous touche tous et toutes »

« Nous sommes dans une situation difficile, mais nous ne sommes pas pour autant sans réponse », a déclaré, en préambule le chef de l’exécutif, en référence, notamment au mouvement des blocages des lycées, qui a pris de l’ampleur partout en France, depuis le 17 septembre. « Ce qui se passe dans les lycées nous touche toutes et tous », a insisté Sébastien Lecornu, soulignant que « des lycéens manifestent, c’est leur droit, y compris pour contester le gouvernement. Nous devons les écouter ».

« Nous avons également vu ces derniers jours des violences », a rapporté le Premier ministre, à la veille d’une nouvelle journée d’action. Il cite « des élèves et des personnels agressés, des policiers et des gendarmes blessés, des établissements incendiés ou dégradés, et des milliers d’heures de cours perdues, sans oublier les menaces et les insultes ». « Les responsables politiques qui utilisent cette colère pour mener leurs batailles électorales prennent une responsabilité grave : on ne peut pas jouer avec la sécurité des jeunes », a-t-il commenté, en taclant, à demi-mot, la France insoumise.

Le chef de l’exécutif assure que « contrairement à ce que certains racontent et répètent, les forces de l’ordre n’ont pas pour mission d’affronter les lycées […]. Elles doivent agir de manière proportionnée, dans un contexte difficile et je veux leur assurer mon soutien ». « Lorsqu’un jeune est gravement blessé, les enquêtes doivent en établir les circonstances en toute transparence », a-t-il fait valoir.

40 000 contributions de lycéens envoyées

Concernant les revendications des lycéens, « nul ne peut être indifférent aux angoisses qu’ils expriment », a assuré Sébastien Lecornu, en faisait référence à l’épidémie de Covid qu’ils ont connue très jeunes, mais aussi aux « guerres et changements climatiques ». « Nous leur demandons de regarder l’avenir avec confiance », poursuit-il, en mettant en avant « la responsabilité du gouvernement et de l’ensemble des formations politiques ».

Il a ensuite rappelé l’instauration de « temps de dialogue dans chaque lycée », qui se prolongeront, ainsi que la mise en place d’une plateforme, depuis lundi, destinée à faire émerger les doléances de ces jeunes. À ce jour, 40 000 contributions ont été envoyées, ce qui « montre qu’il y avait une attente, en particulier sur l’organisation du temps scolaire et sur les conditions matérielles dans les lycées », a-t-il insisté.

Le Premier ministre a par ailleurs évoqué cinq chantiers prioritaires : notamment assurer les cours lors d’absence d’enseignants, la rénovation du bâti, particulièrement face aux fortes chaleurs, des évolutions permettant de rendre « Parcoursup plus clair », ainsi que « donner un cadre d’expression plus clair et renouvelé aux lycéens dans une démocratie vivante ». Les premières décisions du gouvernement seront « présentées fin octobre », a-t-il promis.

10 millions de barils de gazole libérés des stocks stratégiques

« Les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine sont entrées dans notre quotidien », a ensuite déploré Sébastien Lecornu en soulignant que le plein de carburant « pèse lourd dans le budget mensuel ». Parmi les mesures évoquées, il rappelle que le chèque énergie sera versé dès janvier pour les ménages les plus modestes.

La France va libérer 10 millions de barils de gazole de ses stocks stratégiques qui seront mis « à la disposition des distributeurs », a ensuite annoncé le Premier ministre. Une opération « prévue pour trois mois ». Le gazole « sera mis à disposition au prix de revient de ces stocks », a-t-il précisé, mentionnant « une baisse du prix entre 12 et 18 centimes » du litre à la pompe.

« Cette baisse bénéficiera à toutes celles et ceux qui achètent du gazole », a salué Sébastien Lecornu, disant espérer ainsi « amortir une partie du choc ». Autres précisions : les volumes seront encadrés et les opérateurs auront « jusqu’à un an pour reconstituer ces stocks ». « Les générations précédentes ont constitué ces réserves pour faire face aux pénuries. Nous allons les utiliser de manière nouvelle pour agir sur les prix », a-t-il insisté.

Le chef de l’exécutif a aussi rappelé que les précédentes aides ont pesé sur le budget. « Nous ne pouvons pas rouvrir les mêmes dépenses à chaque crise, avec des taux d’intérêt plus élevés, ce serait soulager une facture aujourd’hui en en préparant une plus lourde ensuite », a-t-il expliqué, concernant sa volonté de ne pas déployer davantage d’aides généralisées.

EDF doit éviter une hausse du prix de l’électricité cet hiver

« Le prix de l’électricité ne doit pas augmenter cet hiver », a aussi clamé le Premier ministre. « J’y reviendrai prochainement et je demande par ailleurs à EDF de mobiliser au maximum ses capacités de production, dans le respect des exigences de sûreté », a-t-il déclaré. Ajoutant : « Les investissements que nos prédécesseurs ont réalisés doivent protéger les Français aujourd’hui ; ceux que nous avons décidés devront rendre le même service à nos enfants. »

De nouvelles mesures attendues pour les agriculteurs

Sébastien Lecornu a également eu un mot particulier pour les agriculteurs, aujourd’hui encore confrontés aux « conséquences des canicules ». « Des milliers d’exploitations sont en péril, c’est inédit », s’est-il attristé. Il assure que « de nouvelles mesures vont rejoindre le plan d’urgence engagé ». Elles doivent être annoncées jeudi par la ministre de l’Agriculture. « Nous travaillons en plus à un plan de relance », a-t-il promis, en se disant bien conscient que « l’agriculture française ne pourra pas attendre l’élection présidentielle ».

Sébastien Lecornu réaffirme vouloir ramener le déficit à 5 % en 2027

« Les bouleversements internationaux ont ralenti notre croissance », a constaté le Premier ministre, qui estime tout de même que « depuis un an, la stabilité politique a permis d’engager une stabilisation budgétaire ». « Je remercie les formations politiques qui y ont contribué, sans renoncer à leurs convictions. Elles ont fait passer l’intérêt général avant le bénéfice cynique et immédiat d’une crise politique. Cela a compté pour le pays », a-t-il ajouté. Sébastien Lecornu a rappelé que « le budget que nous proposons porte un effort de redressement précis de 54 milliards d’euros ».

« Malgré les mesures de redressement déjà prises, le déficit est prévu à 5,4 % », a-t-il aussi déclaré. Il a redit que son « engagement » restait de ramener le déficit public du pays en 2027 à 5 % du produit intérieur brut, en précisant que « la cible initiale était de 4,8 ».