Blocus des lycées à Caen : que pensent les manifestants des « temps de démocratie » proposés dans les établissements ?
Des « temps de démocratie interne » dans les lycées. C’est ce qu’a proposé le gouvernement en réponse à la mobilisation démarrée voilà une semaine. Qu’en pensent les élèves ? On a posé la question à ceux et celles qu’on a croisés dans le cortège qui s’est rendu du campus 1 au rectorat, jeudi matin à Caen.
Bonne idée, salue Paul, en licence de chimie, qui espère surtout que cela ira plus loin, pas comme les cahiers de doléances abandonnés au moment des Gilets jaunes.
Jeanne, 17 ans, n’est guère convaincue : On veut que ce soit l’État qui nous entende, pas les profs. Les profs, ils sont d’accord avec nous.
C’est bien sur le principe, mais ça n’apporte rien parce qu’ils savent très bien nos revendications », commente Dany, du lycée Charles-de-Gaulle, où une telle session a été organisée mercredi matin. Il n’y avait que 25 élèves à participer, d’autres de ses camarades livrent une estimation similaire. « C’est un truc histoire de dire qu’ils font quelque chose, mais en soi, ça ne change rien. En plus, on nous avait dit que ce serait une demi-journée, au final, c’était une heure chacun dans sa salle avec un prof… »
On nous avait dit que ce serait une demi-journée, au final, c’était une heure chacun dans sa salle avec un prof… — Dany, 17 ans
Une délégation reçue par la rectrice
Une autre forme d’expression que ces temps de démocratie a été la réception d’une délégation de deux lycéens, avec quatre professeurs, par la rectrice de l’académie de Normandie, Natacha Chicot.
Le temps d’échange, jeudi midi, a duré près de deux heures, indique Tesnim, élève de Terminale du lycée Charles-de-Gaulle. Avec son camarade du lycée Rostand, ils ont pu lister à nouveau nos revendications. Leur interlocutrice a pris des notes, mais beaucoup répété que ce n’était pas de son ressort.
La jeune femme ressort de cet entretien, ni déçue, ni réjouie, mais surtout avec l’impression que rien n’avance. Pour elle, la colère et les proportions qu’elle prend obligent le Rectorat à nous recevoir, pour la forme, mais ça ne suffit pas. Ce que l’on veut, ce sont des actes.