Blocus des lycées à Caen : « Les mesures portées par ces jeunes sont légitimes », estime l’eurodéputée Emma Fourreau
Depuis le début du mois d’octobre 2026, les lycéens se mobilisent pour réclamer de meilleures conditions d’enseignement. Un combat soutenu par l’eurodéputée La France insoumise Emma Fourreau, qui s’est rendue à plusieurs reprises sur des blocus à Caen (Calvados). À l’occasion d’un point presse de rentrée, nous avons évoqué avec elle cette actualité sociale.
Vous vous êtes rendue à plusieurs reprises sur des blocus. C’est important pour vous d’être aux côtés des lycéens et étudiants mobilisés depuis le début du mois ?
Les mesures portées par ces jeunes sont légitimes et nécessaires. Ça fait des années qu’ils alertent sur l’état de leurs bâtiments scolaires, sur des classes surchargées, sur le fait qu’il y a de moins en moins de professeurs. Tout cela a des racines politiques, ce sont les coupes budgétaires que nous dénonçons tous les ans.
On doit aussi être dans la rue à leurs côtés face à la répression terrible. Ils dénoncent un problème politique, mais ils ont une réponse policière avec des lacrymo, des grenades, des LBD (Lanceur de balles de défense)… C’est important que les adultes prennent leur part dans ce combat pour permettre aux jeunes d’exprimer leurs revendications.
Vous avez saisi le procureur de la République pour de possibles violences commises par les policiers à Caen. Qu’est-ce qui a motivé ce signalement ?
J’ai reçu beaucoup de témoignages de jeunes qui ne savent pas vers qui se tourner quand ils sont témoins ou victimes de choses violentes. Il y a également beaucoup de vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux. C’est important pour moi de visibiliser la violence et de montrer que ce n’est pas normal, qu’il faut que la justice s’en saisisse. Ce sera au procureur de juger s’il faut donner suite ou pas, mais il faut alerter.
« Les casseurs sont extérieurs au mouvement »
On a également vu des images de dégradations commises durant les mobilisations. Vous appelez à un mouvement pacifique ?
Les personnes qui cassent sont extérieures au mouvement. Sur les blocus, j’ai pu constater que lorsque les lycéens voient des groupes casser, ils leur demandent d’arrêter parce qu’ils ne veulent pas de cette méthode d’action. Ces casseurs sont utilisés comme prétexte pour réprimer tout le mouvement. On ne peut pas mettre sur un plan équivalent un arrêt de bus cassé, une poubelle en feu, et des enfants mutilés.
Le gouvernement a annoncé des premières mesures, mais un nouvel appel à mobilisation est lancé pour mardi. Qu’attendez-vous de la suite du mouvement ?
Le mouvement ne fait que commencer, les jeunes sont déterminés, avec des revendications qui sont très claires. Ce ne sont pas des mesurettes cosmétiques qui satisferont les jeunes. Il faudra quelque chose de profond, de massif.