Blocages, grève ou droit de retrait : un retour de vacances perturbé dans certains lycées ce lundi
Les vacances sont finies et les blocages ont repris dans certains lycées ce lundi 2 novembre 2026. Des poubelles renversées sont réapparues aux abords d’établissements scolaires à Paris ou Lyon (Rhône) pour perturber ou tenter d’en perturber l’accès. Des voitures ont brûlé à Rennes (Ille-et-Vilaine). Le mouvement a repris à Brest (Finistère) ou Caen (Calvados). Combien étaient-ils à se mobiliser de nouveau ? Gouvernement et lycéens ne disposent pas des mêmes chiffres. Selon le ministère de l’Education nationale, 41 lycées sur les 3 700 que compte le pays ont été bloqués alors qu’à la mi-journée l’Union syndicale lycéenne (USL) a revendiqué 150 établissements bloqués. Un chiffre inférieur aux 200 établissements recensés avant la coupure des vacances. Au micro de France Inter, le ministre de l’Education nationale Édouard Geffray a estimé que le mouvement était assez résiduel.
Tant que nos dix revendications n’auront pas été écoutées, on ne s’arrêtera pas, a assuré de son côté sur franceinfo Marius Mesnil, de l’Union syndicale lycéenne (USL) alors que Sébastien Lecornu, le Premier ministre, s’est dit prêt à recevoir de nouveau les lycéens la semaine prochaine.
Les enseignants disent aux élèves de faire demi-tour
Un autre cas, plus marginal, s’est présenté en cette rentrée, avec des droits de retrait. Comme au lycée professionnel des Frères Moreau à Quincy-sous-Sénart (Essonne) où les enseignants ont demandé à quelque 200 élèves qui venaient en cours de faire demi-tour. En cause, des tirs de mortiers d’artifice dont ont été victimes la conseillère principale d’éducation (CPE), une assistante d’éducation et la proviseure adjointe en plein blocage, le 13 octobre.
Dans un courrier adressé ce 2 novembre à la Direction académique des services de l’éducation nationale (Dasen) de l’Essonne, l’assemblée générale des personnels du lycée précise que les personnes ciblées restent profondément traumatisées par ce qu’elles ont vécu […] Ces événements ne restent pas sans conséquences sur la santé mentale et la sécurité physique des équipes. Un courrier avait déjà été adressé à la Dasen le 15 octobre, pour demander des moyens nécessaires pour pallier aux absences des personnels. Lettre restée sans réponse. Et aucun assistant d’éducation n’était présent ce lundi matin pour contrôler les accès. Les conditions n’étaient pas réunies pour assurer la sécurité de nos élèves, explique à Ouest-France un professeur représentant du conseil d’administration de l’établissement
Grève à Saint-Denis pour le départ du proviseur
Quid du nombre d’établissements concernés par ces droits de retrait ? Le ministère de l’Education national ne nous a pas répondu. Selon Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, les droits de retrait ne concernent pas beaucoup d’enseignants.
À Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), plus de 80 personnes sur les quelque 200 travaillant au lycée Paul-Eluard ont elles voté la grève et sa reconduction jusqu’au départ du proviseur. Le 15 octobre, le chef d’établissement avait autorisé la brigade anticriminalité (Bac) à intervenir dans le lycée pour interpeller un élève auteur d’un outrage.
Une nouvelle mobilisation des lycées et étudiants est prévue ce mardi 3 novembre 2026. L’Unef appelle notamment à une journée noire dans les universités. À Paris, un cortège a l’autorisation de manifester à partir de 14 h entre la porte de Charenton et la porte de Montreuil.